E-mails malhonnêtes, vols de données personnelles, usurpation d’identité, usages frauduleux de cartes de crédit... vous ne vous en rendez certainement pas compte, mais vous n’avez jamais été aussi vulnérables que sur Internet.
Face à l’augmentation croissante des arnaques, sans cesse plus nombreuses et variées, la justice a du mal à répondre et vous laisse souvent livré à vous-mêmes. Et les conséquences financières, mais pas uniquement, peuvent se révéler désastreuses. La prudence est donc de rigueur !
Ainsi, être prudent sur Internet, c’est d’abord ne pas avoir peur de tout. Pour détecter les pièges, il suffit souvent de se dire : «Si un inconnu me disait cela dans la rue, est-ce que je le croirais ?». C’est aussi résister aux tentations du téléchargement illicite et se méfier du sentiment d’anonymat. Enfin, bien connaître toutes les escroqueries qui se propagent est également primordial pour les éviter et se couvrir.
«Ce ne sont que des arnaques ! Dans tous les cas, ces e-mails vous annoncent une prochaine entrée d’argent, prêt, loterie, héritage... mais à chaque fois, il faut avancer des frais au préalable. Si vous versez ces pseudo frais, c’est fini, vous venez de perdre cet argent et vous n’en recevrez jamais !».
Une fois que le mal est fait, impossible de revenir en arrière. «Malheureusement, il y a peu de chance de retrouver son argent. La démarche consiste à porter plainte pour escroquerie, le plus souvent contre X car les escrocs ne donnent jamais leur identité. Hélas, dans la plupart des cas, la plainte est classée sans suite, les escrocs ne pouvant pas être identifiés». Les deux escroqueries par e-mail les plus répandues sont le phishing et les scam.
Leur objectif est de recueillir vos données personnelles afin de vous soutirer illégalement de l’argent. Pour cela, ils peuvent tenter de récupérer : vos données d’accès à un espace client, le numéro de votre carte bancaire, votre RIB, votre adresse postale… Le plus souvent, les messages frauduleux informent l’internaute d’un retard de paiement, d’un remboursement ou vous invitent à mettre à jour vos informations personnelles.
On observe quelques variantes de cette technique avec des offres d’emploi proposées à condition de régler les frais en lien avec l’obtention du permis de travail.
Pour vous prévenir de ces e-mails frauduleux, sachez que ni votre banque ni aucun autre organisme ne peuvent vous demander par e-mail :
- des informations sur votre carte bancaire ;
- de renseigner plusieurs ou toutes les cases de votre carte de clés personnelles ;
- vos identifiants de banque à distance.
«Certains sont construits de manière quasi professionnelle et il est de plus en plus difficile de les déceler. Cependant, quelques indices vous permettent de les débusquer, notamment des prix trop bas par rapport à la concurrence, il peut alors s’agir d’un site frauduleux qui encaisse le plus de commandes possible sans jamais les livrer ; l’absence de mentions légales et de conditions générales de vente, la présence de ces mentions légales mais écrites dans un français approximatif».
Pour vérifier que le site n’est pas frauduleux, recherchez la raison sociale dans les CGU, CGV ou mentions légales, puis vérifiez que le numéro de Siret existe et correspond à une société réellement immatriculée ou en activité. Pour cela, allez sur societes.com ou infogreffe.fr. Tapez le nom du site sur Google suivi du mot Avis et lisez les commentaires des internautes. Choisissez d’abord les négatifs, les bons sont souvent faux. Autre solution, prenez le nom de domaine et recherchez son propriétaire sur https://www.namebay.com/whois/WhoIs. aspx par exemple.
Pour les paiements électroniques, établissez une somme limite maximale pour vos virements. De même, prévoyez un montant limite maximal journalier, à voir avec votre banque.
Enfin, pour vous assurer que vos paiements en ligne sont bien sécurisés, vérifiez que vous avez bien un hpps en début d’URL et un cadenas fermé en bas de la page de paiement. Dans le cas où vous vous êtes fait escroquer, le Code monétaire et financier avec les articles L. 133-24 et L. 133-18 est très clair sur le sujet : en cas d’opération de paiement non autorisée signalée par l’utilisateur dans les conditions prévues à l’article L. 133-24, le prestataire de services de paiement du payeur rembourse immédiatement au payeur le montant de l’opération non autorisée et, le cas échéant, rétablit le compte débité dans l’état où il se serait trouvé si l’opération de paiement non autorisée n’avait pas eu lieu. En résumé, la banque doit rembourser.
Enfin, si vous êtes contacté pour ouvrir un compte bancaire en France afin de servir d’intermédiaire pour des transactions internationales, il y a de fortes chances pour que vous vous rendiez complice d’escroqueries de grande ampleur, par exemple des opérations de phishing.
C’est puni de peines d’emprisonnement et d’amendes très lourdes. En outre, soyez particulièrement méfiant lorsqu’un acheteur vous propose d’utiliser un service de transfert de fonds international. Ces services ne sont pas adaptés à ce type de transactions et doivent, de préférence, être utilisés entre personnes qui se connaissent.