Immigration : mettre fin au règne des autruches !

Par Jacques Myard, membre des Républicains, et maire de Maisons-Laffitte.

Tribune. L’accueil récent des émigrés récupérés en mer par l’Ocean Viking affrété par une ONG constitue une politique de l’autruche.

En premier lieu, il est évident que l’ONG a instrumentalisé ce « sauvetage en mer » préparé avec le concours des passeurs qui ne mettent à la mer, à partir des ports libyens, ces migrants que lorsqu’ils ont la certitude que les navires des ONG sont suffisamment proches pour les « sauver », conformément au droit de la mer, obligation diffusée à profusion par tous les médias européens.

Ce rapport de Frontex l’atteste, mais les militants des ONG n’en ont cure, car leur idéologie est de faire venir en Europe ces pauvres gens pour justifier leur action et leur existence.

En outre, à chaque fois que des navires transportant des migrants cherchent un port pour débarquer ces rescapés, le discours est toujours au point :

« Comment pouvez-vous refuser d’accueillir ces quelques centaines de naufragés qui ont risqué leur vie », discours amplifié et repris à satiété par tous les bien-pensants ; et à chaque fois, les gouvernements acceptent de recevoir ces naufragés de la mer.

C’est ainsi que, par humanisme instrumentalisé, par laxisme et crainte des ONG et de leur propagande idéologique à affronter, les gouvernements pratiquent la politique de l’autruche. Ils cèdent mais surtout, à chaque fois, ils encouragent les ONG à recommencer, ils créent ainsi en Afrique un appel à l’émigration.

Tous ces pays lisent dans notre politique à livre ouvert.

Les candidats à l’émigration réalisent qu’ils ont de bonnes chances de réussir la traversée avec le secours des ONG, même si certains tentent leur chance seuls et perdent la vie en mer malheureusement. Ils sont victimes de cet appel entretenu par une politique permanente de lâcheté à l’égard des ONG, véritables apprentis sorciers.

L’émigration-immigration ne cessera pas si nous laissons faire les processus décrits ci-dessus, encouragés par les ONG.

En termes clairs, il est impératif de proclamer urbi et orbi : « Si vous tentez de venir en Europe, vous serez renvoyés. » Cela suppose des mesures fermes pour que les ONG soient empêchées d’agir comme elles le font aujourd’hui.

Une initiative de ce type sera difficile à prendre au niveau européen en raison des politiques divergentes entre les États de l’Union européenne.

C’est la raison pour laquelle la France doit impérativement reprendre la maîtrise de ses frontières, modifier sa législation en matière d’obligation de quitter le territoire français (OQTF), rétablir le délit de présence illégale sur le territoire. Il est douteux que Macron-Jupiter soit capable de ce réalisme !

Nous sommes au début des flux migratoires, il faut en avoir conscience et cesser de croire que ce ne sont que quelques dizaines de milliers d’immigrés que nous devrons accueillir. La réalité est tout autre et inscrite dans l’explosion démographique du continent africain.

En 1950, l’Afrique comptait 228 millions d’habitants – les économistes dénonçaient son manque d’hommes.

En 2022, elle a 1,426 milliard d’habitants.

À titre d’exemple, l’Égypte avait une population de 22 millions en 1970, elle atteint 105 millions en 2022 et croît de 1,2 million chaque année.

L’Éthiopie et le Nigeria possèdent, en 2022, respectivement plus de 120 et 220 millions d’habitants.

En 2050, l’Afrique devrait compter au total 2,4 milliards d’habitants, dont 400 millions au Nigeria, 220 en Éthiopie et 160 millions en Égypte.

Dans tous ces pays, les violences, les crises économiques et politiques vont s’aggraver. Telle est la réalité, bien loin des leçons de morale des idéologues qui prônent l’ouverture des frontières pour accueillir les migrants.

Voilà pourquoi, comme le relève l’essayiste Patrick Louis Richard, « la politique de l’autruche est une bombe à retardement », une faute sans appel.

Nous avons devant nous un terrible défi qui nécessite de mettre fin rapidement au règne des autruches qui prétendent nous gouverner !

Au-delà de la maîtrise de nos frontières, nous devons changer radicalement de politique d’aide et lier cette aide à des politiques de contrôle des naissances, politiques que refusent nombre d’experts qui prétendent que la croissance démographique cessera avec la hausse du niveau de vie.

Douce galéjade, car cela surviendra dans quelques générations, et le train de l’explosion démographique fonce !

Il faut aussi rétablir une coopération avec tous les pays africains en choisissant de renforcer les services régaliens afin de restaurer l’État dont la déliquescence ruine la vie civile.

À ce titre, l’arrêt de notre coopération militaire pour former les cadres militaires a été une faute : les armées sont, en Afrique, le seul service régalien de l’État, les Africains se sont alors tournés vers la Russie et la Chine, dont les visées politiques et impérialistes sont avérées ; ils se fichent de la stabilité de ce continent.

Dans Le Choc des civilisations (Odile Jacob), Samuel P. Huntington écrit :

« La démographie dicte le destin de l’Histoire, les mouvements de population en sont le moteur. »

L’immigration, comme le montre la récente affaire du navire Ocean Viking, est devenue un défi lancinant que les politiques aux commandes subissent sans pouvoir le maîtriser.

Jacques Myard

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