Encore un fonds d‘investissement qui fait main basse sur une belle ETI française !


Il va falloir vraiment se décider à exonérer encore plus que ne le fait la Loi Dutreil les successions de nos entreprises familiales. Déjà que nous en avons moins que nos voisins italiens ou allemands. D‘ailleurs, chez eux, il n‘y a quasi plus de taxation sur ce type de transmission d‘entreprises . Il y a peut-être lien de cause à effet.

Prenez le cas de Franck Provost, ex- apprenti au Lude (Sarthe). Un cas d’école de nos belles réussites .  Devenu en 55 ans la star des coiffeurs ( depuis le départ de notre ami Jacques Dessange), le coiffeur des stars, vient de céder le contrôle de son empire à un fonds d’investissement . Pourtant, à 74 ans, celui qui avait démarré en 1975 à partir d‘une modeste échoppe d‘une rue commerçante de Saint-Germain-en-Laye (78) aurait bien aimé léguer son groupe à ses enfants Fabien et Olivia.

Le leader européen de la coiffure (Provalliance, 450 millions d‘euros de chiffre d‘affaires, 3200 salons de coiffure dans 36 pays du monde,avec les marques Provost, Jean-Louis David, Maniatis ou Saint-Algue, l’enseigne fondée en Sologne par Gérard Glemain) a bien imaginé d‘autres montages pour éviter un tel scénario. Mais ne voulant pas se réendetter, il se résout à céder 54 % du capital à Core Equity, le holding familial conservant avec les cadres dirigeants 46% de Provalliance. Il faudra bien payer les droits de succession. Olivia Provost, de son côté, quitte l‘affaire pour développer en propre la marque de cosmétiques Niwel, sur le segment des cheveux frisés.

Mais cela n‘a plus rien à voir. C‘est le fonds qui dirigera l’ensemble même si le Dg du groupe, le fidèle Marc Aublet reste aux commandes .Alors que Franck Provost a été seul maître à bord 46 ans durant avec le succès que l‘on sait, c‘est encore une belle ETI familiale qui passe sous contrôle financier . De quoi faire enrager les Gattaz, Yvon ou Pierre, fondateur du mouvement patronal METI ( présidé par Philippe d’Ornano, Pdg de Sisley ) pour défendre ce type d‘entreprises jugées si stratégiques .

Alors bien sûr, l‘argent sera au rendez-vous . On prête déjà à Core Equity l‘intention de mettre la main sur l‘autre rival de toujours, un certain Dessange (90 millions de chiffre d’affaires) même si l’entrepreneur niçois Pascal Coste, autodidacte de 55 ans ( 260 salons, 65 millions d’euros de chiffre d’affaires)et le fonds LFPI des deux associés de Lazard, Jérôme Balladur et Gilles Etrillard, sont également sur les rangs .
On ne prête qu‘aux riches ! Certes, mais cela serait bien de s‘appuyer sur des groupes familiaux solides, prospères et pérennes !

Robert Lafont

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