La tragédie de Beyrouth doit nous faire réfléchir sur la course incessante au gigantisme. La montée en puissance des métropoles et mégapoles à travers le monde, avec l’exode rurale qu’elle suscite, n’est pas forcément la meilleure solution. À vouloir trop concentrer sur un territoire usines, entrepôts, bureaux, habitats et centres commerciaux, on multiplie aussi la dangerosité et l’étendue des zones à risque. C’est mécanique. Ainsi, le tragique accident libanais où des zones de stockage d’explosifs semblaient avoisiner le port et des zones importantes d’habitation ne manquent pas de poser question. Que le drame soit accidentel ou criminel. On se souvient aussi en France de l’explosion de l’usine AZF près de Toulouse…

Rajoutons que la montée du numérique et des TGV devrait favoriser l’implantation en France d’ un réseau de villes moyennes reliées à quelques grandes métropoles internationales (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Nantes, Nice ou Strasbourg), comme le plaide avec talent l’actuel maire de Neuilly-sur-Seine, Jean-Christophe Fromentin, homme sage et visionnaire qu’on gagnerait à écouter avec d’avantage d’attention. Ses plaidoyers pour l’organisation de l’expo universelle à Paris, ou son credo pour faire de l’Hexagone une vaste zone culturelle et commerciale mettant d’avantage en avant nos produits régionaux auraient dû déjà attirer l’attention…

Jean-Christophe Fromentin suggère de faire de la France une zone d’exposition permanente de nos produits culturels ou régionaux

C’est une excellente idée du point de vue de l’aménagement du territoire. En ce début d’été, pour le moins singulier où on ne parle que de pandémie sans savoir si elle viendra ou pas. La menace d’une deuxième vague est dans les esprits   même si beaucoup se rappellent que le Professeur Raoult avait dit qu’il n’y en aurait pas ! Un professeur qui bizarrement a disparu des écrans. Après tout, il a bien le droit, lui aussi, après ces mois éprouvants de prendre quelques jours de repos bien mérités. Peut être du côté de Cassis et de ces fameuses calanques aussi belles qu’escarpées plongeant dans un bleu azur sans pareil qui rappelle parfois le maillot de l’OM.

A propos de football, je ne sais pas si le PSG gagnera la Ligue des Champions cette année, tant il est incroyable de voir comment le sort peut s’acharner contre une équipe. Sans revenir aux erreurs d’arbitrage de la fameuse « Remontada » de Barcelone (8 mars 2017), la blessure à la cheville de Mbappé peut être  interprétée comme un terrible coup du sort. À moins que ce ne soit le signe que cette année sera la bonne !

J’ai bien aimé ce matin dans L’Equipe la réaction du jeune prodige brésilien Bruno Guimaraes recruté opportunément par l’Olympique Lyonnais. Contre la Juventus, le meneur de l’OL ne s’avoue pas vaincu avant d’avoir disputé un match (spécialité bien française). Pour lui, c’est l’inverse, affirmant même : « Lyon peut gagner la Ligue des Champions ! » Il a raison Guimaraes, on ne gagne jamais les matches si on ne veut pas d’abord profondément les gagner ! Lyon peut se qualifier face à la Juve et très bien aller jusqu’au bout.

Juste à côté de Lyon justement, dans les monts du Beaujolais, les grandes manœuvres viticoles semblent se mettre en ordre de marche. Cela ne fait pas beaucoup de bruit, seuls Les Échos ou Entreprendre évoquent le sujet. Mais de plus en plus d’entrepreneurs ou d’investisseurs se mettent à lorgner sur les vignobles un temps délaissés de Saint-Amour ou du Moulin à vent. Est-ce le départ récent du grand maître en la matière, Georges Duboeuf  (décédé à 87 ans en janvier dernier), considéré comme le « pape du Beaujolais », qui a donné le signal d’alarme ?

En matière d’hôtellerie et de tourisme, on se souvient avec quel talent, l’entrepreneur lyonnais Jean-Claude Lavorel  (il vient de reprendre le Jules Vernes à Yvoire, au bord du lac Leman) avait remis aussi à flot le Château de Bagnols, un hôtel cinq étoiles dans la région des « Pierres Dorées », un écrin de luxe et de calme pour cette région du Beaujolais où les Parisiens, toujours autant empressés de se regrouper sur les plages du Sud, feraient bien de faire étape. Un autre maître de son secteur, le vénérable Georges Blanc, le trois étoiles éternel de la Bresse à Vonnas, à pris soin ces derniers années de redonner vie à un château féodal endormi d’un petit village du Mâconnais, le château d’Igé. N’hésitez pas par y faire un tour. L’étape le mérite du côté de Villefranche-sur-Saône. Là, autour d’un paysage de collines préservées, vous pouvez déguster le meilleur de notre gastronomie dans un domaine du XVIIème siècle avec vue superbe sur une chapelle entrecoupée de vignes et de vergers. Que demander de plus ? Je ne parle pas du vin, la région ne compte plus ses domaines, comme je vous le disais, ils sont de plus en plus nombreux, attirés par des prix encore raisonnables (20 000 euros l’hectare) à vouloir s’y implanter.

Ainsi, le patron d’un beau groupe rhône-alpin d’expertise comptable (Implid, ex-Segeco, 82 millions d’euros de chiffre d’affaires), bâti à marche forcée par croissance externe, Jean-Loup Rogé, 50 ans, s’est laissé séduire par le spectaculaire château de Poncié, et ses quelques quarante hectares de vigne en fleurie ! Même phénomène pour le constructeur lyonnais Christophe Gruy, président de Maia (110 millions d’euros de chiffre d’affaires) qui dès 2018 avait mis la main sur le fameux Château de la Chaize et son magnifique vignoble (le plus grand de la région) d’une centaine d’hectares en brouilly. L’idée est de développer un vaste complexe d’oenotourisme. L’investissement est d’envergure et dépasserait les 100 millions d’euros !

Ce regain très net pour les vignobles du Beaujolais se produit près d’une dizaine d’années après l’arrivée des traditionnelles maisons de négoce bourguignonnes, Henriot, Latour, Boisset voire Jadot. La tendance semble désormais durable, et les prix à l’hectare pour des crus de premier plan peut aller de 80000 à 160 000 euros. Avis aux amateurs : selon nos informations, le château des Ravatys en brouilly serait à céder chez Vinea pour 6,9 millions d’euros. À déguster au plus vite !

Robert Lafont

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