Emmanuel Macron (photo Witt Jacques/Pool/ABACA)

 Par Emmanuel Jaffelin, philosophe et écrivain

Tribune. Appelons-le déjà « îl (e)» plutôt que « iel » ! Non parce que sa sexualité serait indéterminée, mais parce qu’il enferme les français dans « des îles » : d’abord l’île du rond-point avec les Gilets Jaunes, à l’écoute desquels il se montrait  à peu près aussi disponible que l’amiral d’un gros navire refusant de recueillir des naufragés occupant un radeau ! Ensuite l’ile du Corona virus qui lui permit en mars 2020 d’enfermer les français dans leurs domiciles soit disant pour faire face aux vagues épidémiques. Enfin, du moins, peut-être pas la dernière île, appelons-la «l’île de la sobriété » afin d’assumer, sans l’éteindre, l’incendie des prix (inflammation économique appelée « inflation ») : laisser les commerces et les restaurants fermer afin que chaque français puisse rester en-fermé chez lui. Telle est donc la nouvelle île schizosociale de la France.

La sobriété dite « énergétique » vise à réduire la consommation des français concernant le pétrole (ce qui invite donc les citoyens qui le peuvent, à rouler moins), l’électricité (ce qui pro-pose donc à de nombreux citoyens de vivre le soir dans le noir comme Robinson une fois le soleil couché) et le gaz ( im-posant donc aux citoyens de ne plus faire cuire les aliments si leur cuisinière fonctionne au gaz et à ne plus chauffer leur habitat si les radiateurs fonctionnent avec cette énergie) !

A l’occasion d’une « conférence de presse » donnée le lundi 5 septembre depuis son ilôt de l’Elysée, le Président de la Chose publique (Res Publica) française invite ses compatriotes à se préparer à une pauvreté énergétique de l’hiver 2022-2023, pauvreté qui ne touchera pas de la même manière tous les citoyens de cette République ! Certains verront se réduire leur alimentation, mais ils sentiront augmenter le froid dans leur lieu de vie pendant que d’autres pourront se baffrer et se réjouir doublement de leur chauffage : en ayant chaud et en sachant qu’ils sont peu nombreux dans cette situation. L’élite ni ne caille ni ne s’écaille en hiver !

Emmanuel Macron lors de ce jour de proclamation d’une sobriété énergético-politique annonce son pouvoir en déclarant qu’il faudra, cet hiver, «chauffer au maximum à 19 degrés». Plein de son génie politique, il déclare ainsi, dans ce discours de la sobriété: «La meilleure énergie, c’est celle que l’on ne consomme pa », comme si lui-même pouvait échapper à sa consigne l’invitant à éviter de consommer l’énergie des français en les obligeant à suivre un discours inepte (Pourquoi 19°  plutôt que 20° ou 18°? Si le critère était économique, le 18 primerait ; si le critère s’avérait humain et humaniste, ce devrait être le 20!).

Disons qu’en enfermant régulièrement les français dans une île, le président des français se révèle moins être un Robinson (roman publié en  1719, soit deux siècles avant notre échouage ou échouement médico-politique et l’apparition du Corona Virus) qu’un Daniel Defoe, cet auteur anglais qui intitule de manière positive la vie insulaire forcée de Robinson Crusoe : « The life and strange surprising Adventures of Robinson Crusoe ». Peut-être que nos descendants qui verront des films et des reportages de l’époque Corona souriront autant que les lecteurs de Robinson au XXe siècle. Perhaps !

Ainsi, concluons en disant que Emmanuel Macron=Daniel Defoe !

Comme l’écrivait Claudel : « A mesure que je m’en éloigne, ma vie passée se dessine comme une île », ce qui signifie, lect-eurs/rices, que  vous aurez plein d’îles : celles que j’ai citées et que vous avez vécues et auxquelles s’ajoutera leurs souvenirs dans quelques années!

Emmanuel Jaffelin
Philosophe, auteur de Célébrations du Bonheur (Michel Laffon éditeur, 2021) et créateur en 2022 d’une Ecole de sagesse, le Portail

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