Ne jamais se décourager ! Dans le business, c’est un principe fondateur. Regardez Vincent Bolloré ! On lui refuse Paris Match, propriété de Lagardère, sur lequel lorgne Bernard Arnault.

Ce n’est pas grave. Le « petit prince du cash flow », comme on l’appelait dans les années 90 le patron de Vivendi, rebat les cartes et met la main à la surprise générale sur Prisma Media le groupe de presse détenu par l’allemand Bertelsmann qui publie Capital, Gala ou Voici. Bien joué, plus que jamais, l’heure est à la stratégie mobile, celle du mouvement perpétuel. Et si ce cela décontenance les observateurs, ce n’est pas si grave, l’essentiel est de surprendre ses concurrents et de conforter ses positions.

Dans le secteur de la chaussure, observez ce que vient de faire notre brillant entrepreneur grenoblois, Boris Saragaglia. Passé par nos meilleurs grandes écoles, l’École des Mines et HEC, ce quadra a fondé en 2006 ce qui est devenue une pépite du e-commerce hexagonal, même s’il s’est fait un peu distancer par Sarenza fondé par Stéphane Treppoz (allié depuis à Monoprix) où Zalando.

En 2018, Spartoo passe à la vitesse supérieure en reprenant André. Une sacrée prise mais qui ne fut pas une réussite. Boris Saragaglia se dit victime de la triple peine, celle des Gilets jaunes, des grèves et du confinement ! Sans parler du faible soutien de l’État, voire de Bpifrance. Cela fait beaucoup pour un seul homme. Et André finit par tomber dans l’escarcelle de son ancien directeur de la marque, Francois Feijoo, seul candidat à la reprise après un dépôt de bilan.

L’échec aurait pu être mortel. Il fut le début d’une renaissance. Six mois après s’être coupé un bras, Spartoo (190 millions d’euros du chiffre d’affaires, 400 salariés) repart du bon pied en reprenant le célèbre chausseur de Fougères (Ille-et-Vilaine), JB Martin, maison historique et prestigieuse de la chaussure française fondée en 1921. Bien joué ! Avec d’autres marques, telles Christian Pellet ou Un matin d’été, Spartoo se transforme en vaste place de marché fédérant les commerçants indépendants de la chaussure.

300 commerces l’auraient déjà rejoint pour avoir accès à la logistique, au catalogue et à un logiciel de caisse. Un cas d’école quasi parfait pour illustrer la montée en puissance du leader mondial des places de marché, le français Mirakl créé par Philippe Corrot qui vient de lever 300 millions d’euros.

Ne pas avoir ses pieds dans le même sabot, le vieux précepte paysan reste plus que jamais d’actualité pour les cadres entrepreneurs urbains que nous sommes devenus pour beaucoup. N’hésitez pas à revenir sur une stratégie qui n’a pas encore réussi ! Paul Dubrule et Gérard Pelisson, le mythique tandem de créateurs des Novotel avait l’habitude de le répéter : « Il faut parfois plusieurs dépôts de bilan pour qu’un même hôtel devienne rentable ! »

Robert Lafont

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