Les problèmes de fond (gestion de l’état, insécurité, migrants, impôts de production, souverainisme industriel, decentralisation…) n’ont pas été abordés par les journalistes Lea Salamé et Gilles Bouleau. Nos medias portent une responsabilité dans la tournure des débats  et la coupure avec l’opinion !

Après l’intervention télévisée du chef de État du 14 juillet ( une première dans son quinquennat), on reste sur sa faim. Emmanuel Macron devait indiquer « le nouveau chemin », celui qu’il devait fixer à son nouveau premier ministre Jean Castex, nommé exprès pour cela, prenant même le soin de lui demander de différer son discours de politique générale à l’Assemblée.

Le président devait annoncer les grandes lignes.De ce point de vue, Il y a lieu d’être déçu. Plus sur le fond que sur la forme d’ailleurs car on a pu voir un Emmanuel Macron en pleine verve abordant avec un certain brio certains thèmes comme la présomption d’innocence ( pour son jeune ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin) ou lors de son plaidoyer pour une France unie et plus conquérante.
En revanche, les balises de la nouvelle politique gouvernementale post-Covid n’ont pas été fixées clairement et c’est une déception. On aurait aimé une mesure forte et symbolique telle que, par exemple, la suppression des impôts de production ( 90 milliards d’écart avec l’Allemagne ) pour pouvoir relancer durablement le renouveau de notre industrie ( qui pèse 10% seulement de notre PIB). Certes, on a remarqué le ton patelin, plus rassembleur, appelant au dialogue social et à l’unité du pays, bien en phase avec ce qu’on demande à un chef d’Etat !
Au final, excepté l’obligation de masques dans les lieux publics clos, ou les mesures sur l’emploi et la formation des jeunes, rien sur la décentralisation, et la baisse des normes et des règlements ou le recul des dépenses d’Etat inutiles et improductives. Le coût de notre appareil d’Etat et la montée de nos dépenses publiques demeure pourtant un de nos principaux handicaps et, en plus, il s’accentue…

De fait, la plupart des grands problèmes de la société française n’ont guère été abordés durant cet entretien long et attendu :
comme la fiscalité, le coût des dépenses publiques et la gestion des administrations, le besoin de décentralisation, le contrôle des migrants, le renouveau industriel, la baisse des impôts de production, le souverainisme économique, alimentaire, et sanitaire et bien sûr l’insécurité. Au moment où l’on apprend que pour cette fête nationale de nombreux cas de violence urbaine graves sont relevés à Evreux, Dijon, Nanterre ou Montbéliard. Sans parler de la disparition du chauffeur de bus de Bayonne, l’interview du président qui n’a pas évoqué ces sujets,semblait parfois hors sol même s’il ne faisait que répondre aux questions qui lui étaient posés et qu’il ne pouvait donc pas répondre à celles qu’on ne lui demandait pas. En ne poussant pas le président à aborder de tels sujets essentiels. les deux journalistes présents pour l’interroger Gilles Bouleau et Lea Salamé, en particulier cette dernière, n’ont pas contribué à réduire le hiatus constaté entre classe médiatique et opinion. En  axant la discussion sur des sujets qui passionnent le microcosme parisien.,tels qu’en ‘l’occurrence le féminisme ( même si c’est un sujet) l’ISF ( alors qu’aucun de nos voisins le paye et que la liste de nos fortunes exilées ne désemplit pas ) ou la future élection présidentielle, nos interviewers sont restés dans les chemins habituels de la pensée unique au lieu d’essayer d’élargir le débat. C’est dommage. Car ils ont donné l’impression que leurs préoccupations semblaient revêtir plus d’importance que les problèmes de fond de la société.
Alors bien sûr, on peut, comme certains leaders de l’opposition, tomber à bras raccourcis sur le président mais la manière dont il a été interrogé pose question, me semble-t-il !
Les médias portent une responsabilité dans nos débats et la coupure constatée avec l’opinion. Cela s’est vu de manière ostensible ce 14 juillet dernier. Mes confrères journalistes ne peuvent s’exonérer de tout. Après tout les critiquer n’est pas les condamner…
Loin s’en faut, je connais trop pour ce faire, l’importance et le rôle de la presse en la matière..
Nous ne nous en sortirons que si nous abordons les problèmes de fond de face.c’est vrai pour le président, c’est vrai aussi pour nos médias.
Poser bien un problème, c’est déjà l’avoir à moitié résolu ! La France ne pose pas assez bien ses problèmes…
Rien n’est irrémédiable !

Robert Lafont

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