Par Laurent Lescure et Cédric Peltier, président et CEO de wweeddoo

Tribune. Les élections départementales et régionales sont un moment clé pour le fonctionnement démocratique de notre pays : elles permettent d’élire les représentants qui vont œuvrer pendant les six prochaines années au bon développement du pays, qu’il soit d’ordre politique, économique, social, culturel ou environnemental.

Touchés de plein fouet par la crise sanitaire, les jeunes sont aujourd’hui gage d’espoir et de redynamisation à prendre en compte dans les programmes. “Génération sacrifiée” sont les mots les plus évoqués pour définir la jeunesse ces derniers mois. Et pour cause, il n’est pas sans rappeler que la crise sanitaire ne l’a pas épargnée : d’après les données récentes de l’Insee, ce sont environ 1,5 million de jeunes âgés de 15 à 29 ans, qui en 2019, n’étaient ni en emploi, ni en études, ou en formation (NEET : Not in Education, Employment or Training).

Si de nombreux aménagements et aides ont été mis à leur disposition pour pallier ces difficultés et rendre l’accès au travail plus accessible, certains jeunes, pourtant motivés et engagés, restent affectés et sans emploi. La pandémie a fait émerger des solutions, notamment des projets lancés par la jeunesse française, qui a su s’adapter et inventer d’autres formes d’engagement, par le biais d’associations, de services civiques et autres structures d’accompagnement.

Jeunes et acteurs du changement

Avides d’expériences, les jeunes ont aujourd’hui besoin de se sentir utiles. Selon une enquête administrée par Opinion Way, 95% des jeunes de la génération Z souhaitent exercer une activité qui a « du sens ». 40% des jeunes estiment la quête de sens au travail « importante», voire « prioritaire » pour 55%. Études, emplois, associations, mais pas que, l’engagement des jeunes se fait également à travers de nombreux projets sur des thématiques diverses et variées en passant par l’environnement, la culture ou la solidarité.

L’implication de la jeunesse dans sa collectivité est indispensable pour faire ressortir des initiatives nouvelles. Aussi appelées “génération C” pour la communication, la créativité, l’aspect collaboratif et de connexion, les jeunes générations représentent un véritable atout pour développer le dynamisme et l’attractivité d’un territoire : regard neuf sur des initiatives restées parfois figées. Elles apportent aux structures des connaissances actualisées et de nouveaux savoir-faire adaptés aux évolutions du marché.

Les jeunes ne savent aujourd’hui pas forcément vers qui se tourner dans leur démarche engagée ou entrepreneuriale alors que pléthores de solutions existent pour les accompagner. Soutenir cette jeunesse engagée et actrice du changement, c’est à la fois investir sur l’avenir et occuper physiquement le territoire. Si aujourd’hui les structures des collectivités disposent de ressources pour le faire : mission locale, bureau d’information jeunesse, associations partenaires, avec un lieu et de la main d’œuvre dédiée, elles sont souvent peu connues des jeunes.

Des collectivités qui ont tout à gagner en accompagnant les jeunes

Aussi, ces derniers n’ont pas forcément le réflexe de se tourner vers la collectivité pour faire aboutir leurs projets, alors qu’elle est pourtant un point central. Tout l’enjeu reste alors, d’une part de valoriser ces ressources, de les faire connaître au plus grand nombre et d’autre part de savoir mesurer la façon dont ces collectivités peuvent apporter leur aide à ces jeunes générations. Cette synergie et ce maillage territorial sont non négligeables pour pouvoir mener à bien une politique territoriale efficace envers ces cibles.

Cet accompagnement des collectivités, par le biais de ses différentes structures, qu’il soit d’ordre économique, matériel ou administratif est une réelle opportunité pour les faire devenir de réels citoyens, investis et éclairés, acteurs des changements de demain, tout en renforçant la dynamique territoriale. Parce qu’un jeune qui s’engage sur un projet, c’est un citoyen en puissance avec de la créativité, de la motivation, du désir et de l’envie. Les jeunes sont très attachés et fiers de leur territoire. Ainsi, les actions menées par la “génération digitalisée” peuvent avoir une portée significative pour les collectivités et ne sont pas toujours évaluées, soutenues et valorisées à leur juste valeur.

Citons le projet porté par un jeune originaire de Charente-Maritime, skipper l’été, et skiman l’hiver. Son ambition : sensibiliser et faire connaître les sports outdoors au grand public et faire changer les mentalités quant à ces activités en pleine nature, parfois perçues comme inconnues ou dangereuses. Soutenu par de nombreux particuliers de la région, le projet “A la bonne heure” du jeune Rochelais a pu voir le jour : images panoramiques et vidéos époustouflantes des Arcs ont été diffusées à travers différents épisodes d’une web-série. Il en est de même pour deux jeunes étudiantes tout droit venues du Vietnam et installées à Dijon qui à travers un clip musical ont pu retracer une jolie histoire d’amour dans une ville loin de leur pays d’origine.

Valorisation du territoire et du patrimoine sont au rendez-vous à travers ces différentes initiatives et les collectivités ont tout intérêt à en bénéficier ! Derrière le succès d’un jeune, c’est tout un ensemble d’acteurs, allant du monde associatif au monde économique qui peut être embarqué : un jeune qui réussit dans un territoire c’est tout un territoire qui réussit.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

10 − deux =