Tribune. Robert Lafont a raison : trop d’agents publics, de types de collectivités territoriales empilées les unes sur les autres qui compliquent les tâches, qui font exploser les budgets, qui freinent la productivité.

Rappelons qu’en 1997, le ministre de l’Education Nationale de l’époque Claude Allègre déclarait sans rire  qu’il fallait « dégraisser le mammouth ».

Belle formule que reprendront tous les candidats à la présidentielle qui promettront la main sur le cœur que s’ils sont élus…

Parole, parole ; 1997/2020 = un million d’agents publics supplémentaires. Alors bien sûr on a « dégraissé » quelques secteurs régaliens et transféré les gens auprès des collectivités territoriales. Oui mais, pour occuper tout ce petit monde il a fallu émettre de la paperasse et inciter nos agents publics à la tamponner à qui mieux mieux

Rappelons que la régionalisation proposée par le Général de Gaulle imposait que le délégué du Gouvernement ait la charge des intérêts nationaux et qu’il répartisse ensuite les tâches qui promouvaient les spécificités régionales. Intérêt national, auquel sont ajoutés les intérêts régionaux, voilà la parfaite solution.

Des agents formés depuis toujours répondaient déjà aux besoins des administrés, des collectivités territoriales, il s’agissait d’y ajouter l’intérêt des entreprises de la région, pour que l’intérêt régional se trouvant lié à l’intérêt général, ne cherche pas à tirer à hue tandis que l’autre camp cherchait à tirer à dia. Chacun dans la même direction, avec ses spécificités voilà ce qui ne pouvait qu’enrichir l’ensemble

Rappelons qu’à l’époque l’investissement pouvait être assuré par des bourses de valeurs régionales et que l’investisseur était conseillé par des agents de change, officiers ministériels, ce qui apportait facilité et garantie largement suffisante puisque l’Etat et la région garantissaient ensemble toutes les opérations.

G. Deferre a, au contraire, accordé le pouvoir à de petits marquis sans chapeau qui, aussitôt au pouvoir, ont investi les territoires avec armes, bagages, beaucoup de bagages, personnel et dépenses à venir.

Hôtel de la région avec son Président, son personnel, son matériel et ses pouvoirs tellement emmêles avec ceux du département et de l’Etat que nul n’y retrouve son bien. Les lois Deferre ont créé des forces électorales qui passent leur temps à consolider la place du Président de région –engendrant la complexité et des dépenses.

La collectivité territoriales est-elle mieux gérée ? la réponse est NON. L’intérêt national est-il mieux géré, certainement pas. Une soviétisation de la société s’est mise en place, imposant lois, décrets et normes, en rejetant l’intérêt de l’entreprise régionale.

Faire fonctionner une économie demande de l’investissement. Or la régionalisation Deferre, si elle a créé la région , elle a dans le même temps supprimé les bourses de valeurs et jeté les agents de change à la rue

Comment faire fonctionner une entreprise en région PACA en étant tributaire de la Bourse de Paris, elle même soumise à une bourse européenne. Nous avons éloigné la mère nourricière des enfants qui voulaient produire.

Le résultat est clair, la politique issue de la régionalisation à la Deferre, a imposé aux entreprises des concentrations autour d’une zone proche de la finance, puis des délocalisations qui permettent le bas coût de production et l’investissement facilité

Une véritable politique de régionalisation est indispensable, à condition de laisser s’exprimer ceux qui savent.

Henri Fouquereau

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