Impressions et lignes claires. Le moins que l’on puisse dire est que le titre du livre que vient de publier l’ancien premier ministre avec l’aide son ami et bras droit, le fidèle Gilles Boyer, ne correspond en rien à la démarche telle qu‘elle nous est présentée.

Interrogé le 4 avril dernier sur France 2 pendant une demi-heure par Laurent Delahousse, Edouard Philippe est resté fidèle à l‘image que l‘on se fait de lui. Droit dans ses bottes, parfois ombrageux et hésitant, l’ancien locataire de Matignon a pris comme un malin plaisir à esquiver toutes les questions du moment, se payant même le luxe de ne pas esquisser la moindre proposition nouvelle ou solution concrète.


Manifestement, il ne voulait pas gêner son successeur. « Je ne peux pas être celui qui souhaite l’échec du président », s’est-il permis de rajouter dans une formule à l’emporte-pièce comme en raffole notre microcosme politico-médiatique. Delahousse, qu’on a connu plus virevoltant, paraissait même décontenancé. Une langue de bois étourdissante qui fait froid dans le dos alors que la situation du pays est ce qu’elle est. Sera-t‘il candidat à l‘Élysée, qu’aurait-il fait à la place de Jean Castex, quels sont les enjeux et les solutions pour le pays ?

À toute ces questions, nous n‘aurons pas le moindre début de commencement de réponses. Un peu comme lorsqu’il était Chef du gouvernement, Edouard Philippe répond sans répondre, en maître orfèvre du politiquement correct. L‘art de dire tout et son contraire. Une version Haute-Normande du fameux « en même temps“ ? On est bien loin du langage Churchillien, courageux, vrai et réaliste qu’appelle la situation du pays.

Pourtant, une certaine presse, celle qui fait l‘opinion, s‘escrime à nous présenter le maire du Havre comme un recours possible pour 2022. L’hebdomadaire Le Point de titrer gourmand en couverture avec cette citation : « J’aime bien être aux manettes » (sic) comme si on pouvait en douter. Une phrase que la plupart des commentateurs d’Alain Duhamel, Yves Calvi ou Yves Thréard interprètent déjà comme un signe incontestable. Il faut bien remplir les gazettes et les écrans.

Les Français, eux, se souviennent que c‘est ce même homme qui a gouverné, il n’y a pas si longtemps, durant la crise des Gilets Jaunes. Que c’est lui et lui seul qui a imposé la limitation de vitesse des 80 km / heure. Et surtout qu‘en final, malgré la promesse de 2017, la première partie du quinquennat, la période  pré-Covid, fut plus celle de l‘annonce de réformes que la prise d‘actes forts, aptes à opérer un net redressement du pays.

Un pays qui, durant ces années 2017-2020, aura malheureusement continué à augmenter ses charges, son endettement, son immigration ou, plus grave, ses fractures internes. Homme providentiel osent-ils le qualifier nombre de nos confrères dans un de ces mouvements de mode dont la presse est coutumière. Nous ne sommes pas de ceux-la ! Calculs et ambiguïtés aurait été, cher Edouard Philippe, un titre plus approprié pour votre dernier livre.

Robert LAFONT

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