Edouard Philippe, Bernard Cazeneuve : nos anciens premiers ministres sont formidables, sauf quand il faut parler de concret !

Pas un mot sur Bernard Tapie dans le JDD du jour. Le Journal du Dimanche a-t-il déjà oublié qu’il faisait ses meilleures scores de diffusion avec ses Unes sur l’ancien président de l’OM ? L’histoire ne repasse décidément pas les mêmes plats.

À ce sujet, l’ancien premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve reste plus que jamais fidèle à l’image qu’on avait de lui. C’est rassurant. Il n’a pas changé avec sa nouvelle casquette d’avocat (associé chez August Debouzy). Sérieux, à la limite de l’austère, sa déclaration de guerre à l’encontre d’Eric Zemmour, dans sa tribune au journal, résonne un peu trop sèchement. Tant il reste facile de condamner un homme en prenant de la hauteur tout en faisant abstraction de ce qui se passe dans le quotidien des citoyens : les exactions qui se produisent en banlieue, ou les nombreuses arrivées de clandestins migrants qui foulent au pied notre droit.

Je connais trop et personnellement l’ancien maire de Cherbourg pour ne pas savoir que c’est un homme de qualité. Mais à force de se maintenir sur les hauteurs de la théorie, on prend le risque de ne plus distinguer suffisamment bien ce qui se passe sur le terrain. Étonnant pour un ancien ministre de l’intérieur. Un peu d’ailleurs à l‘image de son homologue, Edouard Philippe, qui n’a rien trouvé de mieux qu’« Horizons » pour baptiser son nouveau mouvement politique. Difficile de trouver plus vague. Impossible de distinguer ce qu’il place ainsi au loin à part une hypothétique élection présidentielle en 2027, qui, reconnaissons-le, n’intéresse pour l’instant que lui.

Le maire du Havre prétend, comme Cazeneuve, nous aider à voir les choses d’un peu plus haut tout en martelant son antienne : « Je veux aider Macron à élargir sa base. » Oui, mais pour quel programme justement ? À ce sujet, Cazeneuve demande à juste titre à l’aube de cette campagne présidentielle de d’abord s’interroger pour savoir si « la France est devenue plus forte qu’il y a cinq ans ». C’est effectivement la bonne question.

Au même moment sur Europe 1, Arnaud Montebourg s’étonnait à juste titre que notre pays se soit fait prêter par Bruxelles la bagatelle de 40 milliards d’euros pour financer son plan de relance tout en s’engageant à en rembourser 66 milliards. Vous avec bien lu : cela fait 26 milliards en plus ! On se moque de qui ? À l’époque, Nicolas Dupont-Aignant avait été l’un des trop rares hommes politiques à s’en indigner.

La France est un pays littéraire où les idées règnent en maître. Pourquoi pas : mais, de grâce, prions pour que le scrutin de 2022 nous ramène davantage, comme le font nos amis allemands, vers le concret ; celui du déficit, de la fiscalité, de l’immigration, de l’insécurité, de l’éducation ou de l’emploi… Cela dépend largement de nos médias, raison pour laquelle, j’essaye de pousser dans la bonne direction. Ce serait bien pour notre pays qui ne doit pas manquer sa nouvelle ère de redressement.

Robert Lafont

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