Il a bon dos le professeur émérite de l‘IHU Méditerranée ! Il a beau cumuler bien des qualités : celles de Docteur qui soigne (4 fois moins de décès à Marseille qu‘à Paris), être reconnu dans le monde entier comme un des plus grands chercheurs en épidémiologie, avoir fondé le premier laboratoire européen d’infectiologie avec les subventions de l‘État (merci au passage au grand emprunt Sarkozy), Difficile de faire mieux, il incarne à lui seul et dans le monde une certaine forme de génie français.

Et voilà que cela ne suffit pas a notre Établissement. Pis, un tel profil émérite, certes indépendant d’esprit, voire rebelle (mais n’est ce pas le propre des génies) semble ne guère convenir aux canons de notre technostructure, celle de la santé et de nos pontes de la médecine. Les enjeux sont considérables. Le Big Pharma peut- il laisser une telle sommité venir contrecarrer la stratégie avérée visant à trouver et commercialiser un vaccin et un traitement contre la Covid concernant quelques 7 milliards de personnes. La vérité est que Raoult et son traitement à partir de molécules sans brevets est un grain de sable venant enrayer cette machine commerciale parfaitement huilée qu‘est devenue l‘industrie de la santé. Avec ses nombreux relais politiques, médias, spécialistes, communicants, un seul chiffre : les Multinationales pharmaceutiques n‘hésitent pas à dépenser quelques 40 millions d‘euros par an rien qu’en lobbys à Bruxelles. Les auteurs de l‘étude publiée par la fameuse revue The Lancet, qualifiée de « grossière » (elle ne fournit pas les hôpitaux consultés) mais reprise partout, auraient des conflits d’intérêts avec des laboratoires concurrents de l’hydroxychloroquine à commencer par Mandeep Mehra et le labo américain Gilead (cité par Éric Varaeghe dans le Courrier des Stratèges)
En France, c‘est un État dans l‘Etat, cette industrie finance aussi bien les partis politiques qu‘elle tire ses ressources du monopole de la Sécu et de la gestion de plus en plus administrée de la santé à la française. Un système où les patrons des agences régionales(ARIST), haut fonctionnaires non médecins, sont les mêmes à pouvoir retirer le droit d‘exercer aux docteurs récalcitrants. Un big Business qui a eu la peau récemment du remboursement de l‘homéopathie et accessoirement mis en difficulté un leader français, les laboratoires Boiron qui, du fait du déremboursement, vont être obligés de licencier 700 personnes.

Peut on raisonnablement continuer de faire confiance à de telles organisations, celles la mêmes qui ont laissé prospérer dans le passé le Mediator ou le sang contaminé. On se souvient que le président Mitterrand avait été obligé d’aller discrètement en Suisse pour pouvoir se faire soigner en catimini de son cancer du côté du Lac Leman par un certain professeur Beljanski, parce que la méthode de ce dernier n‘avait pas l‘agrément de l’Agence du médicament. Quelques années après, on s’aperçut que cette Agence était aux mains des labos. Une méthode qui, elle aussi en cas de succès, aurait fait perdre des millards à l‘industrie pharmaceutique.
Alors quand Didier Raoult, résistant des résistants, explique que la plupart des molécules ont désormais été trouvées, et que l‘on n‘avait plus d’intérêt à en développer de nouvelles. Que cela ne sert à rien. Que la durée de vie dans les pays développés n‘augmente plus et que celle dans les pays pauvres s‘en rapprochait. Il fait toucher du doigt ce que tout le monde pressent mais qu‘il ne faut pas dire. À savoir que comme dans les contes de fées d’Andersen ; le roi est nu ! Le roi, c‘est à dire notre organisation de santé !
Le problème c‘est que l‘on ne touche pas un simple problème économique mais que cela a à avoir avec la vie et la mort de chacun d‘entre nous. Et que donc on n’a pas le droit de jouer avec . Business as usual ? Non, certainement pas quand cela touche à l‘intégrité même de l‘homme !


Robert Lafont

1 COMMENTAIRE

  1. Une analyse pertinente et exhaustive .
    Où va ce monde ?
    Vers une nouvelle crise capitaliste mondiale ?
    On en est dedans, et personne ne peut pretendre la sortie à court ou à long terme.
    L’ordre économique mondiale connaîtra une violente mutation ; le dollar ne sera plus la monnaie de référence internationale et l’hègemonie américaine sera bafouée.
    Le bipolarisme international sera rétabli grace à la Chine.

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