Stéphane Bancel, le patron du laboratoire Moderna.

Alors que nous avions tout, dans la lutte contre le Covid, pour disposer les premiers du vaccin ARN messager, disposant de groupes pharmaceutiques de qualité (Pierre Fabre, Sanofi, Rhône-Poulenc, bioMerieux, Roussel, Ipsen ou Virbac…) et de centres universitaires de renom : il nous a échappé. Que s’est-il passé ? C’est qu’il y a un monde entre la recherche médicale et son application.

Dans le jargon scientifique, cela s’appelle « la vallée de la mort ». Depuis les années 1960, nos chercheurs travaillent pourtant sur le sujet à l’institut Galien Paris-Saclay. Cet écart entre recherche académique et phase de développement est presqu’un travail d’entrepreneur, où il faut coordonner tests toxicologiques, études réglementaires, règles d’innocuité et bien sûr financements, études de marché et plans de production. Un processus exigeant et complexe où la recherche de financements devient essentielle et pour laquelle nos chercheurs ne sont pas préparés.

Ce n’est d’ailleurs ni leur métier ni leur vocation, comme le rappelle à juste titre Patrick Couvreur, professeur émérite de biopharmacie à Paris-Saclay. Pour pouvoir faire le pont, Il est plus que temps d’attirer certains de nos meilleurs entrepreneurs dans ce secteur de la recherche pharmaceutique pour devenir les « exploitants  » au meilleur sens du terme de ce que nos formidables scientifiques découvrent.

L’exemple de Stéphane Bancel, fondateur en 2011 de Moderna Therapeutics, obligé de s’exiler aux États-Unis, est suffisamment probant. Celui-ci serait d’ailleurs le mieux placé pour créer le fameux LVMH de la recherche médicale dont notre pays a tant besoin. Cela pourrait s’organiser idéalement sur le site de Saclay qui a vocation à devenir une nouvelle Silicon Valley mondiale de la tech et du médicament.

Avec déjà 32 000 étudiants et 21 000 chercheurs et enseignants, le site du plateau de Palaiseau (91) pèse déjà 15% de notre recherche. De nombreuses entreprises y installent actuellement leurs centres de recherche : Danone, Servier, LVMH ou Total. Et le pôle universitaire biologie-pharmacie-chimie avec 282 millions d’euros d’investissements programmés est le plus grand chantier universitaire français. Cela devrait finir par payer.

Robert Lafont

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