(17h18) Christophe Rapp accuse Didier Raoult de «populisme scientifique»

Dans une vidéo publiée, ce mardi, sur les réseaux sociaux, Didier Raoult a une nouvelle fois créé la polémique. Entre autres accusations, le Directeur général de l’IHU Méditerranée Infection, basé à Marseille, a pointé du doigt la prise en charge des malades du Covid-19, qui selon lui aurait été défaillante à Paris. 

«La mortalité de Paris est plus de cinq fois supérieure à celle de Marseille. On voit que ce n’est pas parce que les gens étaient plus âgés, parce qu’il y a des jeunes qui sont morts en Île-de-France, et donc il y a une grande différence dans la prise en charge, ce qui doit amener à se poser des questions très sérieuses sur la gestion de l’épidémie dans cette partie de la France», a-t-il assuré. 

Ces données restent à nuancer et ces propos ont, quelques heures plus tard, fait réagir Christophe Rapp, infectiologue à l’hôpital américain de Paris et  médecin consultant de BFMTV, sur cette même chaine info. «C’est un épisode supplémentaire. Sur le plan scientifique ce n’est pas étayé, comme souvent on confond vitesse et précipitation. Je crois que là, il faudra débriefer à la fin, mais sur la forme on est, quand même, entre Michel Simon dans «Boudu sauvé des eaux», Fidel Castro et Gérard Depardieu. Sur la forme, c’est du populisme scientifique qui surfe sur la peur de la population et la défiance face aux élites» martèle-t-il, visiblement extrêmement remonté. 

Au fil de son argumentaire, Christophe Rapp s’est également posé de nombreuses questions, notamment celle de la légitimité d’Éric Raoult pour répondre à ce type d’interrogations. «En tant que médecin, je trouve ça confus et pas du tout cohérent. J’ai deux enfants étudiants en médecine, ils sont atterrés de voir qu’on peut raconter des bêtises comme ça quand on est professeur de médecine. Je rappelle qu’il est microbiologiste et non pas infectiologue, alors il faudra arrêter de marquer infectiologue sur le bandeau de BFMTV, car on n’est que 80 professeurs de maladies infectieuses en France et ce n’est pas le même métier» tacle-t-il encore. 

Sur le fond du sujet, Christophe Rapp insiste sur l’importance de prendre ces données avec prudence. «Ce qu’il faut dire à la population, c’est que les chiffres ne sont pas consolidés, ce sont des études qui seront publiées ultérieurement. Ce qui est intéressant, c’est que cela n’a aucun lien avec les tests et avec les traitements. Il faut rester prudent, malheureusement l’humilité n’est pas la caractéristique de certains» analyse ce dernier.

Et d’en remettre une dernière couche sur l’attitude de Didier Raoult: «On est un peu lassés de ça, on est au déconfinement. Moi je regrette que le ministère de la Recherche ne s’empare pas de ce genre de dossier, où l’on peut raconter des bêtises en permanence. Un grand médecin est fédérateur, partage avec ses collègues et peut orchestrer quelque chose. L’autre sujet, c’est les liaisons dangereuses qu’il entretient, il a effectivement le portable des grands de ce pays.» Il conclut d’ailleurs en assurant qu’il est «malheureux» qu’Emmanuel Macron lui ait rendu visite dans sa clinique marseillaise en avril dernier.  

(16h41) Coronavirus: AstraZeneca peut fournir un milliard de vaccins

Le Groupe pharmaceutique AstraZeneca pense être en mesure de fournir un milliard de doses d’un potentiel vaccin contre le Covid-19, cette année et l’année prochaine, si les essais sont concluants. Le laboratoire britannique a déclaré, ce jeudi, avoir obtenu plus d’un milliard de dollars de l’administration américaine pour ces recherches.

Dans un communiqué, le groupe annonce avoir déjà signé des accords pour la fourniture d’au moins 400 millions de doses de son potentiel vaccin, développé avec l’université d’Oxford. Le département américain de la Santé a déclaré de son côté avoir commandé 300 millions de doses de ce vaccin en cours de développement, avec l’espoir de les obtenir à partir d’octobre.

AstraZeneca a déclaré qu’il connaîtrait sous peu les résultats de premiers essais cliniques. S’ils sont concluants, le laboratoire passera à une nouvelle phase d’essais dans plusieurs pays. Il n’existe actuellement aucun vaccin ou traitement validé contre le Covid-19, la maladie provoquée par le nouveau coronavirus apparu en décembre en Chine. Les grands laboratoires, dont Sanofi, effectuent chacun leurs propres recherches et se trouvent à des étapes différentes du développement d’un tel vaccin.

(16h17) Manifestation à Paris: 50 personnes verbalisées

Ce jeudi, plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux soignants, se sont rassemblés devant l’hôpital Robert-Debré, pour demander davantage de moyens pour l’hôpital public. Une cinquantaine de personnes ont été verbalisées, et trois personnes ont été interpellées, pour avoir refusé de se disperser à l’issue d’une manifestation, a appris France Info de source policière.

Plus de 400 personnes, dont de nombreux soignants, mais aussi des gilets jaunes et quelques élus, s’étaient réunies, devant l’hôpital parisien, pour demander des moyens supplémentaires pour l’hôpital public, en crise depuis bien avant le début de l’épidémie de Covid-19 qui a mis en exergue ces difficultés.

Les policiers ont demandé aux manifestants de se disperser, mais «une cinquantaine de personnes ont refusé» a indiqué une source policière à France Info. Ces personnes ont écopé de 135 euros d’amende, comme le prévoit la loi d’état d’urgence sanitaire.

(15h45) Déconfinement: déménagements possibles à plus de 100 kilomètres

Un arrêté ministériel a mis à jour la liste des motifs sur l’attestation de déplacement. Les Français peuvent désormais remplir une nouvelle case en cas de changement de domicile. Les déplacements pour l’acquisition et la location d’un bien immobilier sont également possibles, mais à condition de ne pas pouvoir être différés.

Vous allez pouvoir terminer vos cartons. En effet, il est désormais permis de se déplacer ; au-delà de 100 kilomètres, dans le cas d’un déménagement, selon un arrêté ministériel paru au Journal officiel, ce jeudi, et repéré par Le Parisien. Le cas échéant, il faut télécharger la nouvelle attestation et remplir la case correspondante : «Déplacements liés à un déménagement résultant d’un changement de domicile et déplacements indispensables à l’acquisition ou la location d’un bien immobilier insusceptibles d’être différés».

Les entreprises de déménagement avaient déjà la possibilité de dépasser cette limite kilométrique, mais avec des règles très strictes. Début mai, rapportait Le Figaro, un arrêté leur avait même permis de travailler lors des jours fériés de l’Ascension et de la Pentecôte, alors que la circulation des poids lourds est normalement interdite sur ces périodes. Il s’agissait de compenser l’arrêt de leur activité pendant le confinement et de rattraper un peu de leur retard.

En revanche, les déménagements entre particuliers étaient interdits au-delà de 100 kilomètres, exceptés quelques rares cas très encadrés. De tels mouvements devaient relever d’urgences sanitaires, sociales ou de péril. Il fallait alors remplir la case «motif familial impérieux» et présenter une attestation sur l’honneur expliquant pourquoi le déménagement ne pouvait pas être reporté. Ce cas est désormais réglé avec la nouvelle attestation, qui prévoit la possibilité de déménager sans condition.

Le nouvel arrêté introduit également une autre nouveauté, puisque les déplacements «indispensables à l’acquisition ou à la location d’un bien immobilier» sont également autorisés, mais seulement s’il est impossible de les différer. Avec cette mise à jour, l’attestation compte donc huit cases au total pour autant de motifs. Rien ne change pour les déplacements inférieurs à 100 kilomètres, qui ne nécessitent toujours aucune attestation.

(14h16) Déconfinement: à Paris, évacuation de la pelouse des Invalides

L’évacuation, ce jeudi, de la pelouse des Invalides, dans le 7ème arrondissement de Paris, un des rares espaces de verdure ouverts depuis le déconfinement, dans la capitale, illustre «une situation qui devient ubuesque» dénonce, ce jeudi, sur France Info, Pénélope Komitès, adjointe à la mairie de Paris en charge notamment des Espaces verts et de la Nature en ville.

Elle explique ne pas avoir été là quand l’évacuation a eu lieu : «Je ne peux pas dire si c’était nécessaire ou pas d’évacuer les Invalides, mais visiblement, les gens étaient espacés, certains portaient des masques.» Si l’on respecte les gestes barrières, y compris sur une pelouse, avec des masques, et en ayant le mètre de distance, je ne vois pas pourquoi on évacue.

Pour Pénélope Komitès, «les Parisiens ont envie de respirer et aujourd’hui, il y a trop peu de lieux pour le faire». La mairie de Paris a demandé à plusieurs reprises la réouverture des parcs et jardins, ce qu’a refusé le gouvernement. «On assiste quelque part à un manque de clarté et de cohérence de la part du gouvernement, on a un énorme problème de questions sanitaires» lance l’adjointe en charge des Espaces verts. «On est en train de provoquer le contraire de ce que l’on souhaiterait en termes de santé publique et on est en train de créer des concentrations de populations» regrette-t-elle.

Elle appelle ainsi une nouvelle fois à rouvrir les parcs et jardins, qui représentent «500 hectares» dans la capitale. «On a des arrondissements qui sont denses, des gens qui sont confinés pendant des mois, des Parisiens qui ont extrêmement bien respecté ces consignes, qui sont prêts à bien les respecter» argumente l’adjointe.

Si les parcs et jardins parisiens restent fermés, ce week-end, d’autres villes voient leurs espaces verts rouvrir leurs portes, une situation incompréhensible pour Pénélope Komitès: «Je ne comprends pas bien pourquoi les autorisations sont données sur un territoire et pas sur Paris, en dépit des propositions très constructives que nous avons faites au gouvernement, pourquoi cette spécificité parisienne? On a l’impression de punir les Parisiens» dénonce-t-elle.

(12h23) Le parc du Puy du Fou rouvrira le 11 juin

Le Puy du Fou, parc d’attraction vendéen (2,3 millions de visiteurs) réputé pour ses fresques historiques, a annoncé sa réouverture. La direction précise avoir été informée d’une décision du président de la République de rouvrir les sites touristiques et parcs à thème, en zone «verte», le 2 juin. Au secrétariat d’État au tourisme, on affirme qu’aucune décision n’a encore été prise à ce sujet.

Impatient d’accueillir ses visiteurs pour la saison 2020, le parc vendéen va rouvrir le 11 juin prochain. C’est en tous cas ce qu’a déclaré le président du Grand Parc du Puy du Fou, Nicolas de Villiers, qui assure «que c’est bien le secrétaire d’Etat au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, lui-même informé par le président de la République, qui a informé le Puy du Fou. Il salue «une décision qui rétablit l’équité entre les restaurants et les sites de loisirs». 

Le ministre avait évoqué, mardi 19 mai, lors d’un débat au Sénat, la possibilité d’une réouverture, au 2 juin, des parcs à thème situés en zone  «verte», tel Le Puy du Fou, promettant «une réponse définitive» la semaine prochaine. Interrogée par l’AFP, ce jeudi, la porte-parole du secrétaire d’État a indiqué, pour sa part, qu’à sa connaissance «aucune décision n’a été encore prise».

Pour éviter toute ambiguïté, voici le SMS d’Emmanuel Macron, reçu le 20 mai à 16h06: «Décision prise, ce matin, en conseil de Défense: on commence, dès aujourd’hui, le travail en vue de la réouverture, objectif 2 juin. Mandat est donné au préfet de commencer le travail dès aujourd’hui.»

«Le président de la République a décidé en Conseil de Défense la réouverture des sites touristiques et parcs à thème en zone verte, pour le 2 juin prochain – date déjà retenue pour l’ouverture des restaurants» a affirmé la direction du parc. «C’est une décision qui nous paraît naturelle et légitime qu’on puisse ouvrir à partir du 2 juin» a réagi Nicolas de Villiers, soulignant que «2.500 personnes vont pouvoir reprendre le travail, et autour du Puy du Fou, il y a 4.500 emplois indirects».

Le Puy du Fou (plus de 2,3 millions de visiteurs en 2019) ouvrira «avec des mesures de sécurité sanitaire qui sont validées main dans la main avec l’État, c’est un Puy du Fou adapté la situation», a-t-il assuré. Interrogé sur les conséquences financières causées par la fermeture du site, dans le contexte de la crise du Covid-19, alors qu’il aurait dû rouvrir en avril, le président du Grand Parc fait état de « pertes importantes de plusieurs millions » d’euros.

«Compte tenu du délai de préparation logistique impérative qui précède l’ouverture du site, le Puy du Fou accueillera ses visiteurs le jeudi 11 juin prochain, et jusqu’au 1er novembre 2020», précise Le Puy du Fou dans son communiqué. Parmi les mesures sanitaires mises en place, le parc prévoit, notamment, de réduire les capacité d’accueil des différents spectacles et des distances barrière. Les équipes seront équipées de masques et une restauration adaptée remplacera le buffet.

Jeudi 21 Mai 2020

(12h12) Coronavirus: prudence pour le week-end de l’Ascension

Plus d’une semaine après le début du déconfinement, c’est un premier test majeur pour l’Hexagone. Avec un long week-end ensoleillé qui commence, ce jeudi 21 mai. Une perspective qui fait craindre des «regroupements» et des afflux de promeneurs pouvant favoriser une nouvelle flambée de l’épidémie de coronavirus. «Il fait beau dehors, on sait que c’est très compliqué et la tentation est forte après des semaines de confinement», a reconnu Olivier Véran, constatant une «accélération» des «regroupements» à la veille du «pont» de l’Ascension.

Le ministre de la Santé, s’affichant «extrêmement vigilant»,  a toutefois souligné qu’il était «trop tôt pour tirer des conclusions» sanitaires de la levée partielle du confinement de la population, le 11 mai, même s’il n’y a pas pour l’heure de signes d’une «recroissance» de la circulation du coronavirus. Les contrôles devraient encore être nombreux pour faire respecter la limite des 100 kilomètres «à vol d’oiseau», autour de son domicile, pour se déplacer et quelques élus locaux ont d’ores et déjà remis en vigueur des restrictions.

Cinq communes du Morbihan et une du Finistère ont ainsi demandé la fermeture de leurs plages, rouvertes le week-end dernier, après avoir constaté des «incivilités» et le non-respect des règles de distanciation. Le maire de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) souhaite rendre le port du masque obligatoire, de 11 heures à 18 heures intra-muros, dans certaines rues très commerçantes, pendant les week-ends de l’Ascension et de la Pentecôte.

Ailleurs, plages ou plans d’eau continuent à rouvrir, notamment en Méditerranée, le plus souvent en «mode dynamique» : pas question de s’asseoir ou faire des châteaux de sable, encore moins de s’allonger pour bronzer. En Occitanie, des dizaines de lacs et plans d’eau, notamment dans le massif pyrénéen, ont été rouverts au public à compter de ce jeudi, pour la promenade, la pêche et quelques activités nautiques. Baignade et pique-nique restent toutefois interdits, comme les groupes de plus de 10 personnes.

(11h53) «Pas de reprise de l’épidémie», mais prudence…

VIDÉO. La directrice de Santé publique France rappelle que indique-t-elle au « Parisien ».

La France a entamé son déconfinement ce lundi 11 mai. Geneviève Chêne, nommée en novembre 2019, au poste de directrice générale de Santé publique France (SPF), en lieu et place de François Bourdillon, révèle dans une interview accordée au Parisien «qu’aucun signal de reprise de l’épidémie n’a, pour l’instant, été constaté par ses services». 

La professeure de biostatistique et de santé publique prévient néanmoins «que le virus est toujours là et qu’il serait inconscient de baisser la garde. Le coronavirus circule toujours et une trentaine de clusters sont actifs. Il faut attendre la fin de la semaine prochaine pour savoir si les contaminations repartent à la hausse. C’est le délai entre l’incubation, les premiers symptômes, les consultations médicales et la collecte d’informations fiables. On saura alors si l’ensemble des mesures prises (tests, traçabilité, poursuite des gestes barrières et de la distanciation physique) ont eu l’impact escompté pour maîtriser l’épidémie», confie-t-elle.

L’apparition de nouveaux clusters, notamment dans le Grand Est, ne serait pas forcément une mauvaise nouvelle. «Il y en a aujourd’hui une trentaine et leur identification est bon signe! Cela veut dire que nous sommes capables de les détecter rapidement et de mettre en œuvre tout ce qui permet de casser les chaînes de transmission», constate-t-elle. Depuis le début de la crise sanitaire qui sévit en France, Santé publique France s’est agrandie. «Près de 60 personnes sont venues renforcer l’agence déjà forte de 600 agents», révèle-t-elle.

Des agents qui ont en charge la collecte des données du coronavirus pour en avertir alors l’État et permettre à Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, de communiquer aux Français, chaque soir, le nouveau bilan de la pandémie. Les agents s’appuient alors sur un «flux continu de données venant des médecins généralistes, de SOS Médecins, des passages aux urgences ainsi que celles des hospitalisations et de la mortalité».

Santé publique France publiera, par ailleurs, «avant fin juin» le bilan des morts à domicile, bien plus difficile à établir. «En France, les certificats de décès sont, en majorité, rédigés sur un document papier où l’on inscrit les causes de la mort. Seuls 20 % sont électroniques. Cela prend donc plus de temps de saisir et de numériser toutes les données. On est en train de les analyser. Selon nos premiers éléments, les décès à domicile représenteraient 1 % des morts du Covid, mais il est trop tôt pour donner un bilan définitif», annonce Geneviève Chêne.

(10h24) Coronavirus: Trump veut organiser un vrai sommet du G7 en juin

Le président américain a évoqué, mercredi soir, la possibilité de retrouvailles à Camp David, dans le Maryland (Etats-Unis). Les réactions des dirigeants internationaux sont pour le moment prudentes.

Donald Trump est favorable à un G7 en chair et en os. Dans un tweet, publié ce mercredi, le président américain annonce finalement sa volonté d’organiser le traditionnel sommet, en juin, aux Etats-Unis, comme si de rien n’était. «Maintenant que notre pays a engagé son retour vers la grandeur, j’envisage de reprogrammer le G7, à la même date ou à peu près, à Camp David, lieu légendaire» a-t-il écrit, y voyant un «symbole formidable» après l’épidémie de coronavirus.

Rien à voir donc avec ce que l’intéressé disait, pas plus tard que mi-mars ,quand il répétait que la rencontre aurait lieu cette année, par visioconférence, en raison du coronavirus. A moins de six mois de l’élection présidentielle, le milliardaire républicain insiste sur la nécessité d’une réouverture aussi rapide que possible de l’économie et promet inlassablement une année 2021 «incroyable». Une telle rencontre, si elle avait lieu, permettrait à Donald Trump, critiqué pour la lenteur de sa réaction face au Covid-19, de se repositionner au centre du jeu

Sur la scène internationale, elle lui offrirait, aussi, une tribune de choix dans le bras de fer qu’il a engagé avec la Chine, qu’il accuse de ne pas avoir réagi assez vite, dès l’apparition du virus, dans la ville de Wuhan, et d’avoir manqué de transparence. Son homologue français, Emmanuel Macron, avec lequel il s’est entretenu par téléphone, s’est montré ouvert à une telle proposition «si les conditions sanitaires le permettent». «Le G7 est un rendez-vous majeur», a souligné la présidence française qui a organisé la précédente édition, à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) en août 2019.

La chancelière allemande, Angela Merkel, elle, est restée volontairement ambiguë sur ses intentions. «Quelle que soit la forme que prendra la rencontre du G7, une visioconférence ou autre chose, je lutterai à coup sûr pour le multilatéralisme», a-t-elle déclaré à Berlin. Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, s’est de son côté montré prudent sur cette hypothèse, soulignant l’importance d’étudier «quelles mesures seraient mises en place et les recommandations des experts».

L’organisation d’un tel sommet soulève de nombreuses questions pratiques. La taille des délégations serait-elle drastiquement limitée? Tous les dirigeants seraient-ils appelés à porter un masque, une pratique à laquelle Donald Trump a jusqu’ici refusé de se plier? Si ce scénario se confirmait, Camp David, situé dans une région montagneuse de l’Etat du Maryland, non loin de Washington, aurait un avantage de taille en temps de coronavirus: il est isolé et très facile à sécuriser.

Cette résidence de villégiature officielle des présidents des Etats-Unis a souvent été utilisée pour des discussions internationales de haut niveau. C’est là qu’avait eu lieu le dernier G7, organisé aux Etats-Unis, en 2012, sous la présidence de Barack Obama. Le lieu est, par ailleurs, célèbre pour les accords de Camp David, signés en septembre 1978, sous la médiation de Jimmy Carter, par le président égyptien Anouar El-Sadate et le Premier ministre israélien Menahem Begin. Ces accords ont établi les conditions de la paix entre l’Egypte et Israël.

(09h58) Coronavireus : Air France arrête l’exploitation de l’A380

La nouvelle est tombée ce mercredi, de la part d’Air France. Jugé peu rentable par les compagnies aériennes, l’A380, le vaisseau amiral d’Airbus dont la fin de la production avait été annoncée en février 2019, voit sa fin de vie encore accélérée par l’épidémie de Covid-19 et l’effondrement du trafic.

Après la compagnie allemande Lufthansa qui a indiqué, début avril, qu’elle comptait notamment retirer de sa flotte ses six A380, c’était au tour d’Air France d’annoncer mercredi qu’il arrêtait l’exploitation de ses neuf appareils, prévu initialement pour fin 2022. Et si le plus important exploitant du «Super Jumbo», pensé comme le successeur du mythique 747, du rival américain Boeing, la compagnie Emirates, n’a pas indiqué ce qu’elle comptait faire de ses 115 A380. Son président, Tim Clark, a affirmé qu’avec la pandémie l’A380 était «fini».

Le transporteur franco-néerlandais avait déjà expliqué, en juillet 2019, que, pour des raisons de rentabilité de l’appareil, plus gourmand en kérosène et plus polluant que les dernières générations d’avions long-courriers, il allait cesser de faire voler le géant des airs à la fin 2022. Airbus avait annoncé, en février 2019, l’arrêt des livraisons pour 2021 de son avion géant,aux 251 exemplaires commandés par 14 clients, reconnaissant ainsi que ce fleuron industriel apprécié par les passagers pour son confort constituait un échec commercial.

L’avion, dont les coûts de développement ont représenté plus de 18 milliards de dollars, était vendu à 445,6 millions de dollars au prix catalogue 2018, le dernier publié par Airbus. Plus grand qu’un 747, le quadriréacteur, qui a effectué son premier vol il y a tout juste 15 ans, est entré en service deux ans plus tard. Il peut emporter de 575 à 850 passagers, grâce aux 550 m² de sa cabine. Mais son gigantisme nuit à sa flexibilité. L’appareil ne peut pas se poser n’importe où avec ses deux ponts, il requiert des installations aéroportuaires spécifiques pour l’embarquement et le débarquement des passagers.

L’A380 offre le meilleur coût par siège du marché, à condition d’être rempli à 100%, selon Sébastien Maire, expert aéronautique au cabinet Kea & Partners. Ce qui était loin d’être évident sur de nombreuses liaisons en dépit de la congestion d’aéroports comme Londres ou Los Angeles.

En lançant le projet d’A380, Airbus avait misé sur le développement des «hubs» des mégapoles, desservis par un avion de très grande capacité, mais qui nécessite des aménagements et impose un taux de remplissage le plus élevé possible pour assurer la rentabilité des lignes.

Un pari raté pour l’avionneur européen dans un marché des gros-porteurs qui était déjà en surcapacité avant la crise. Airbus n’avait pas vu venir le tournant des biréacteurs long-courrier de moyenne capacité comme le B787 «Dreamliner» de Boeing qui misait sur le développement du point-à-point, c’est-à-dire des liaisons directes. Il a depuis répliqué, avec succès, avec son A350.

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