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Coronavirus : les infos du jeudi 11 juin

(18h07) Emmanuel Macron : une possible démission pour provoquer sa réélection

Comme le rapporte le Figaro, le président de la République a émis une hypothèse absolument inattendue lors d’une réunion en petit comité. Il pourrait s’agir d’un sérieux coup de théâtre et ce serait la preuve supplémentaire que la crise du coronavirus a chamboulé à la fois la vie de la société, l’économie, mais aussi fait vaciller l’arène politique. Jusqu’à fissurer les habituels principes constitutionnels.

Alors qu’Emmanuel Macron préparerait en coulisses un large discours qu’il veut, historique, en juillet et que le bruit court d’une démission imminente du Premier ministre Edouard Philippe, nos confrères du Figaro font une révélation exclusive : le président de la République, en personne, songerait à démissionner!

Mais il ne faut pas y voir une envie soudaine de jeter l’éponge, ni un besoin irrémédiable de tourner le dos aux responsabilités. Bien au contraire, il s’agirait en fait d’une manœuvre stratégique et inédite dans l’histoire de la Ve République.

Lors d’une réunion du premier cercle des donateurs de 2017, à Londres, qui s’est tenue il y a une quinzaine de jours, le chef de l’Etat a fait irruption, en plein débat, via un appel en visioconférence. Moment de cinq minutes au cours duquel il aurait émis l’hypothèse de «prendre son risque».

Une expression qu’il affectionne et qui se résume ainsi : reprendre la main, politiquement, à l’heure ou la désunion semble totale, en recourant à un procédé de démission-réélection. Le but? «Provoquer dans les semaines ou les mois à venir » une élection présidentielle anticipée».

Ce qui ne laisserait pas le temps à l’opposition, de droite comme de gauche, de se reformer convenablement en présentant un projet et un leader, et assurerait, en somme, un nouveau mandat à Emmanuel Macron. Une option qui semble tout à fait improbable pour les politiques les plus rationnels, mais que l’intéressé a pourtant, bel et bien présenté tel quel, devant témoins.

«Je suis sûr de gagner car il n’y a personne en face», aurait carrément avoué le président de la République à ses interlocuteurs. Il n’a évoqué aucune autre option : ni le changement de tête à Matignon, ni une dissolution de l’Assemblée nationale et encore moins la mise en place d’un référendum.

Le Palais confirme, de son côté, au Figaro «qu’aucune hypothèse n’est écartée, mais nuance sur la question précise d’une démission d’Emmanuel Macron : «cela n’a jamais été à l’ordre du jour ni même évoquée dans une réunion à l’Elysée». On est donc encore loin de voir l’ancien énarque abattre cette carte inattendue.

Une chose reste certaine : aucun prédécesseur n’a jamais tenté le coup d’une démission-réélection. Pas même le Général de Gaulle, qui avait définitivement rendu les armes en 1969 sans avoir l’audace de se représenter.

(17h48) Coronavirus : pourquoi des tests sérologiques?

Les tests sérologiques permettent de déterminer si l’on a été en contact avec le coronavirus et si l’on a développé des anticorps. Désormais, il est possible de se faire prescrire par son médecin un test sanguin, mais selon des critères déterminés par le ministère de la Santé. Si ces tests sanguins présentent un intérêt individuel certain, leur intérêt collectif reste à démontrer.

Ils devaient être un outil majeur dans la stratégie de déconfinement. Grâce aux tests sérologiques, les personnes immunisées auraient pu décrocher un «passeport d’immunité». Mais ça, c’était avant que l’Institut Pasteur ne dévoile ses estimations, fin avril, selon lesquelles environ 5,7 % de la population française aurait contracté le Covid-19 d’ici à la fin du confinement. Depuis, l’espoir d’une immunité collective s’est évaporé et cet outil a perdu quelque peu de son intérêt. Mais les tests sérologiques sont loin d’être inutiles pour autant.

Le 28 mai, le gouvernement annonçait le remboursement par la Sécurité sociale de ces tests sanguins, qui recherchent la présence d’anticorps indiquant si une personne a été confrontée au Covid-19. Mais à condition qu’ils aient été prescrits par un médecin. Mais quels sont les critères de prise en charge? Quel intérêt ces tests présentent-ils? Et quels risques induisent-ils?

«Pratiquer le test n’a de sens que pour les personnes qui ont présenté des symptômes ou qui, en raison de leur profession, étaient particulièrement exposées au coronavirus. C’est notamment le cas des personnels soignants et des personnels exerçant en Ehpad», insiste le ministère de la Santé.

Marine, qui travaille dans une crèche municipale francilienne, attend le résultat de son test sérologique, pris en charge pour l’ensemble de ses collègues. «J’ai eu des symptômes du coronavirus au début du confinement. Depuis, je me pose la question de savoir si j’ai ou non contracté la maladie, donc je suis bien contente que mon boulot prenne en charge le test», confie la jeune femme.

«Je veux savoir si j’ai eu le Covid-19 et si je suis immunisée. J’espère presque que le résultat soit positif, pour me sentir plus tranquille. Ici, évidemment, tout le personnel porte un masque, mais la distanciation physique est impossible et on s’occupe de bébés! On ne leur fait plus de bisous, mais on les a tout le temps dans les bras, on joue avec eux, on les change. C’est important de faire ce test pour être sûre que je ne représente pas un risque pour moi-même, pour les petits et pour mes collègues».

Comme Marine, nombreux sont celles et ceux qui veulent savoir. «Je comprends ces questionnements, mais on ne peut probablement pas généraliser leur utilisation tant qu’on n’a pas plus d’informations sur la corrélation entre niveau d’anticorps et protection, et sur la durée de la protection», explique le Professeur Christophe D’Enfert, directeur scientifique de l’Institut Pasteur, où a été évaluée la performance des tests homologués et pris en charge par l’Assurance maladie.

«Curieusement, assez peu de patients viennent me consulter pour se faire prescrire un test sérologique» constate le Docteur Jacques Battistoni, médecin généraliste et président du syndicat MG France. «Evidemment, si un patient me consulte parce qu’il pense avoir eu les symptômes du coronavirus et veut savoir avec certitude s’il l’a eu, je n’ai aucune raison de le lui refuser. Beaucoup sont dans ce cas, avec pour certains des risques de séquelles, notamment d’atteinte respiratoire, de fibrose pulmonaire.»

«Depuis quelques semaines, nombre de personnes se plaignent de symptômes persistants. Pour elles, qui ont développé des symptômes compatibles avec le coronavirus, au mois de mars, période où les tests, PCR ou sérologiques, étaient peu pratiqués, le besoin de lever l’incertitude se fait de plus en plus sentir.»

Et elles seraient en droit de s’en voir prescrire, selon les critères de remboursement bien précis établis par le ministère. «Pour confirmer le fait qu’une personne est infectée, dès lors qu’elle présente des symptômes, mais qu’un premier test par PCR s’est révélé négatif. Les tests sérologiques interviennent alors en complément de diagnostic», indique-t-on avenue de Ségur.

«Le test sera également remboursé s’il est prescrit a posteriori, alors que la personne ne présente plus de symptômes et n’a jamais été testée positive par PCR, pour confirmer qu’elle a bien été infectée par le virus et permettre ainsi, par exemple, d’éviter des complications ultérieures».

C’est également pris en charge «pour les personnels de santé ou qui exercent en structure médicale ou médico-sociale, compte tenu de l’exposition particulière au virus qui a pu être la leur et du fait qu’ils interviennent au contact de personnes fragiles», indique le ministère de la Santé. «En outre, les tests sérologiques sont utiles aux soignants notamment pour la reconnaissance du Covid-19 comme maladie professionnelle», complète le Docteur Battistoni.

Mais même en cas de résultat positif, est-on sûr d’être efficacement immunisé ? Des doutes sur l’effet et la durée des anticorps ont rapidement été émis par les chercheurs. Mais les connaissances scientifiques ont progressé ces dernières semaines. Fin mai, une étude de l’Institut Pasteur, menée auprès du personnel hospitalier des deux sites des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg a montré que, même les patients atteints de formes mineures, développaient des anticorps et que ces anticorps parvenaient à neutraliser le virus en laboratoire. «Mais on ne sait toujours pas formellement si cette activité neutralisante est associée à une protection contre la réinfection», souligne le Professeur Schwartz, responsable de l’unité virus et immunité de l’Institut Pasteur.

Dans le doute, le principe de précaution est de mise, d’autant que même si un test sérologique positif garantissait l’absence de risque personnel, il n’autorise pas pour autant à baisser la garde. «Si vous serrez la main de quelqu’un qui est malade, même si vous-même ne tombez pas malade, vous pouvez ensuite serrer d’autres mains ou déposer du virus sur des surfaces et ainsi contaminer d’autres personnes», a averti le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Attendus par de nombreux patients, les tests sérologiques peinent à faire la preuve de leur intérêt collectif. «Ils ont un intérêt individuel de curiosité satisfaite, mais au-delà, ils ne débouchent pas sur des mesures pratiques, donc ne présentent pas de réel intérêt collectif», estime le Dr Battistoni.

«Ce serait le cas si des études sérologiques étaient menées à des fins épidémiologiques, dans des zones géographiques données, et sur des échantillons statistiquement représentatifs de la population», suggère-t-il. «Or, j’ai l’impression que ce n’est aujourd’hui pas le cas, ce qui me surprend. Début mai, peu avant le déconfinement, j’ai interrogé le Conseil scientifique sur la question de la stratégie d’utilisation des tests sérologiques, pour savoir si une politique nationale allait être mise en place. J’ai l’impression qu’on n’a jamais vraiment su quoi faire de ces tests. Il manque une réflexion de fond sur les outils diagnostics et leur utilisation optimale. Donc on n’en fait rien, on laisse les patients s’autoprescrire le test sérologique en quelque sorte. Et c’est tout ».

Pour le médecin généraliste, «un dépistage d’ampleur pour évaluer la prévalence du coronavirus dans la population serait très intéressant». Sur le modèle de l’étude épidémiologique menée par l’Institut Pasteur à Crépy-en-Valois (Oise), l’un des premiers foyers épidémiques français de Covid-19. Une étude épidémiologique d’ampleur vient ainsi d’être lancée par la ville de Nice (Alpes-Maritimes), qui propose à 18.000 volontaires un test sanguin gratuit.

(17h24) Déconfinement : pourquoi certains enseignants ne retournent-ils pas en classe?

C’est une statistique répétée par le ministère de l’Éducation nationale, ces derniers jours : environ 60% des enseignants sont revenus, physiquement, dans les écoles, collèges, lycées, depuis le déconfinement. Ce qui veut donc dire que 40% des professeurs n’ont pas fait leur retour. Le chiffre peut étonner certains parents. Mais que signifie vraiment ce pourcentage global?

Pour le Snuipp, premier syndicat du primaire, les chiffres du gouvernement sont exagérés et ne correspondent pas du tout aux remontées du terrain. Mais le syndicat n’a pas de données précises à opposer à celles du ministère de l’Éducation nationale, hormis un chiffre tiré d’une enquête interne. Selon cette enquête, seuls 9% des professeurs des écoles ne reviennent pas, en raison d’une vulnérabilité médicale.

C’est le motif le plus évident : les profs qui restent, chez eux, à cause d’une fragilité de santé. C’est le cas d’Anne, enseignante en élémentaire dans le Val d’Oise. Elle a 65 ans et souffre d’hypertension. «Pour ces deux raisons, mon médecin m’a dit «non il n’en est pas question». Il m’a fait un certificat précisant que je ne pouvais pas reprendre, en présentiel, jusqu’à nouvel ordre», explique l’institutrice. «Je suis très frustrée. Si je pouvais reprendre, je reprendrais, parce que j’ai besoin du contact avec les enfants.» Et quand on demande, à Anne, si les parents comprennent cette situation : «Moi je joue la transparence. Je leur dis «je ne peux pas venir parce que je souffre d’hypertension» et des parents soignants me disent «restez chez vous».»

Mais ce motif médical n’explique pas, à lui seul, les 40% d’enseignants qui ne sont pas revenus physiquement dans leur classe. Parmi les autres raisons, il y a les professeurs qui doivent garder leurs propres enfants. Et là, les règles se durcissent. Au ministère, on explique, qu’au mois de mai, la hiérarchie a été très tolérante, à l’égard des enseignants qui ne revenaient pas, car ils ne voulaient pas renvoyer leurs propres enfants à l’école et ce, même quand ils en avaient la possibilité.

«Mais cette tolérance est terminée», nous explique l’entourage de Jean-Michel Blanquer. Pour une garde d’enfants empêchant un retour en présentiel, il faut désormais fournir une attestation de non prise en charge de l’enfant par son école, comme c’est le cas pour les salariés du privé.

Certains enseignants s’interrogent aussi sur l’intérêt de revenir pour quelques semaines, surtout quand l’enseignement à distance fonctionne bien. C’est le cas de Patrice, professeur de maths dans un lycée où, seuls, quelques élèves sont volontaires pour revenir avant l’été. «Je ne veux pas revenir en présentiel au lycée, parce que je n’en vois pas l’intérêt, dans la mesure où je ne peux pas convoquer les élèves qui en auraient besoin», argumente Patrice. «Imaginons que j’ai même, cinq élèves volontaires, pour lesquels ce serait intéressant, je vais toucher cinq élèves volontaires alors que là, dans ma dernière classe virtuelle, j’en avais 25!»

Sur les 40% d’enseignants restés à la maison, le ministère de l’Éducation nationale explique que, plus des trois quarts poursuivent l’enseignement à distance. C’est même nécessaire que certains se consacrent exclusivement au distanciel, car le protocole sanitaire très strict empêche toujours un retour massif des enfants à l’école. Et puis, une part des enseignants n’est pas revenue car leur établissement n’en a pas besoin. C’est le cas des lycées d’Ile-de-France, zone «orange», qui ne rouvrent que très partiellement, seulement pour des tout petits groupes d’élèves.

Pourrait-on donc, malgré ce protocole, accueillir plus d’enfants, si davantage d’enseignants revenaient dans leur établissement? Cela dépend des établissements. Par endroit, quand la moitié d’une équipe n’est pas revenue, par exemple, le manque d’enseignant est un obstacle évident au retour des élèves.

Mais pour David, directeur d’école en banlieue parisienne, ce n’est vraiment pas le problème. Sur sa vingtaine d’enseignants, quatre ne sont pas encore de retour. Mais même s’ils revenaient, ça ne changerait rien au nombre d’enfants accueillis : «Actuellement, j’ai seize enseignants disponibles, sur place, et je n’ai que neuf classes ouvertes par la municipalité, du fait des contraintes sanitaires, donc je pourrais accueillir beaucoup plus d’élèves, si j’avais beaucoup plus de classes ouvertes. Mon problème actuellement, c’est ça. Ce n’est pas le manque d’enseignants. On a toujours eu plus d’enseignants que de classes ouvertes.» Peu de classes ouvertes, pas en raison d’une pénurie de professeurs, mais plutôt à cause des exigences du protocole, et aussi, parfois, d’un manque de personnel communal.

(16h59) Déconfinement : des parents d’élèves dénoncent un «mensonge d’État»

Chez les parents d’élèves, aussi, il y a une volonté de retour à la normale. Dans plusieurs villes, les maires sont sous pression de la justice, qui leur demande d’accueillir plus d’enfants. Moins d’un enfant sur trois aurait repris partiellement le chemin de l’école. Des grilles fermées, des cours de récréation désertes…

À Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, 21 des 35 écoles restent closes. Les parents s’agacent. Ils ont déposé un recours devant la justice. Ils exigent la réouverture de l’ensemble des écoles primaires. Le ministre de l’Éducation l’a pourtant affirmé : un maximum d’enfants doit s’asseoir sur les bancs de l’école avant septembre.

Pour la principale fédération de parents d’élèves, on est loin du compte : «On est face à un «mensonge d’État», le ministre de l’Éducation nationale explique aux familles que tout le monde peut remettre son enfant à l’école, mais ce n’est pas vrai. Il n’y a pas de place», affirme Alixe Rivière, coprésidente de la FCPE 93. Plusieurs communes ont déjà été sommées par les tribunaux de rouvrir leurs écoles. La justice estime que les laisser fermées porte atteinte au droit à l’éducation et à l’instruction.

(16h32) Témoignage : «Je ne veux plus faire confiance à l’État, c’est fini!»

Le magazine Le Point donne la parole, régulièrement, à des patrons, à des employés, à des artisan qui travaillent dans les secteurs les plus touchés par la crise du Covid-19. Pourront-ils la surmonter? Devront-ils changer de voie, se lancer dans une nouvelle carrière? La France de 2020 va connaître un profond bouleversement. Emmanuelle Conrad, directrice de Numéro 1 Scolarité, a vu l’activité de son entreprise s’effondrer. Mais elle ne compte pas sur l’État pour s’en sortir. Extraits…

«Au début de l’épidémie, il y a eu une période de flottement de deux semaines environ. À Numéro 1 Scolarité, j’emploie environ 35 professeurs en CDI et 150 à la vacation, qui dispensent à domicile des cours aux enfants porteurs de troubles d’apprentissage comme la dyslexie.»

«Certains ont pris peur pour leur santé, ils craignaient d’aller chez les gens. Ils ont donc exercé leur droit de retrait. D’autres disaient qu’ils étaient malades, et les particuliers n’avaient pas très envie que des profs viennent chez eux. La situation s’est éclaircie à partir du confinement, puisque j’ai été contrainte à la fermeture administrative de mes sept agences!»

«Tout le monde, c’est-à-dire les professeurs et, dans une certaine mesure, les responsables pédagogiques et les responsables d’agence, a été placé en chômage partiel. Pendant un mois, j’ai complété leur salaire, qui était pris en charge par l’État à 85 %, puis j’ai arrêté. Je n’avais aucune visibilité sur l’avenir de l’activité, je voulais donc garder de la trésorerie.»

«Mon expert-comptable, comme 95 % des experts-comptables de France, m’a incité à ne pas payer l’Urssaf durant ces quelques mois et à solliciter un prêt garanti par l’État, en me disant que c’était une très bonne affaire. Mais j’ai tout refusé. Les sommes qu’on ne paie pas ou qu’on emprunte, il n’y a pas de mystère, il faut bien les rembourser un jour.»

«Quand on emprunte, on espère que deux ou trois mois plus tard, quand il faudra rembourser, l’activité aura repris. Or, je n’avais aucune certitude. D’ailleurs, on est en juin et l’activité n’est toujours pas là. Les enfants ne sont pas tous retournés à l’école. Habituellement, j’ai entre 200 et 300 appels par jour, ici, à l’agence de Paris, aujourd’hui, j’en ai une dizaine, au mieux!» «Et je perds beaucoup d’argent. J’avais prévu en avril 250.000 euros de revenus pour l’entreprise, j’en suis à -10.000 euros, parce que les parents ont demandé le remboursement des cours que leur enfant n’a pas eus en mars!»

«Le système du prêt garanti par l’État est une très mauvaise idée, à mon sens. Dans quelques mois, c’est certain, le gouvernement va inventer de nouvelles taxes pour remplir les caisses. Les entreprises qui ont sollicité un prêt devront donc le rembourser et, en plus, payer ces futures taxes.»

«Moi, si je vais dans le mur, je dépose le bilan, point, mais je n’aurai pas d’emprunt à rembourser. Je me méfie de ce genre d’initiative gouvernementale. L’an dernier, on a diminué les charges patronales, tout le monde a applaudi, et en fin d’année le Parlement vote une loi de finances qui alourdit les taxes sur les contrats courts. Or, mon entreprise en emploie beaucoup. Ce que l’État a donné d’une main, il l’a repris au centuple de l’autre. Je ne veux plus faire confiance à l’État, c’est fini!»

«Pour essayer de passer la période sans trop de dommages, j’ai demandé aux bailleurs de mes agences de faire un geste pour les loyers. L’immense majorité a accepté, en me faisant cadeau d’un mois ou deux de loyer. Tous sont des petits propriétaires. Un seul a refusé : le groupe Lazard, une banque!»

«En fait, au début de la crise épidémique, je n’étais pas trop inquiète pour mon entreprise. Elle a le label «Entreprise sociale et solidaire», tous les bénéfices sont donc réinvestis en capitaux propres et dans son développement. En dix ans, j’ai accumulé 300.000 euros, donc six mois de trésorerie. Pour une fois, le modèle paysan a le vent en poupe!»

(15h58) Coronavirus : des mesures de soutien aux libraires et aux petits éditeurs

«Des fonds de soutien à destination des librairies indépendantes et des maisons d’édition, en difficulté avec la crise sanitaire, vont être mis en place, en complément de premières mesures pour soutenir la filière livre», ont annoncé, ce mardi, les ministres de l’Economie et de la Culture.

«Ce plan a « vocation à compléter, de manière ciblée, les dispositifs massifs mis en place par le gouvernement depuis le début de la crise», a affirmé le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, alors que plus de 230 millions d’euros sont mobilisés par l’Etat en faveur du livre depuis le début de la crise sanitaire. «Ce plan permet d’accompagner les libraires, les éditeurs et les auteurs dans cette période très compliquée», a-t-il déclaré.

De son côté, le ministre de la Culture, Franck Riester, a expliqué «que ces nouvelles mesures ont deux objectifs principaux : en premier lieu soutenir les librairies indépendantes, réseau dense de professionnels, qui sont le poumon économique de la chaîne du livre. Ensuite, accompagner les maisons d’édition qui sont les garantes de la vitalité et de la diversité éditoriale française.»

«Le premier fonds, de 25 millions d’euros, sera à destination des librairies indépendantes, pour faire face à leurs difficultés financières, le second, de 5 millions d’euros, concerne les petites maisons d’édition, celles qui réalisent un chiffre d’affaires entre 100.000 euros et 10 millions d’euros», précise le communiqué des deux ministères.

La mise en place de ces fonds était inscrite au troisième projet de loi de finances rectificative présenté, ce mercredi, en conseil des ministres. Une enveloppe de 12 millions d’euros servira à favoriser la modernisation des équipements des librairies et à mieux organiser leurs plateformes de vente à distance.

Un collectif de plus de 600 éditeurs, auteurs et libraires, avait appelé fin mai, dans une tribune dans Le Monde, adressée au chef de l’État, «à sauver la filière du livre» : la fermeture complète des librairies a entraîné, pour celles-ci, une perte de la quasi-totalité de leur chiffre d’affaires et de plus de 80% pour les maisons d’édition, affirmaient les signataires.

(15h25) Coronavirus : Appel de plus de 600 éditeurs «pour sauver la filière du livre»

Dans une tribune publiée, fin mai, dans le quotidien Le Monde et adressée au chef de l’Etat, un collectif de plus de 600 éditeurs, auteurs et libraires a lancé un appel à l’aide «pour sauver la filière du livre», mise en danger par l’épidémie de Covid-19.

«Les signataires», dont le prix Nobel Patrick Modiano, l’éditeur Antoine Gallimard, ou encore le romancier Guillaume Musso, «disent leur stupeur, devant l’absence de mesures pour le livre, dans le Plan de relance pour la culture, annoncé le 6 mai par Emmanuel Macron». «Vous avez choisi de ne plus parler des livres, ni de celles et de ceux qui les écrivent, les traduisent, les éditent et les vendent», soulignent-ils. «Alors l’heure est aujourd’hui au doute et à l’inquiétude.»

«L’État se doit d’empêcher l’effondrement de cette filière, vitale pour toute notre société. De nombreuses librairies et maisons d’édition, connues et reconnues, et les auteurs, illustrateurs, traducteurs, comme tous les créateurs du livre, ne se relèveront pas si toute la filière ne bénéficie pas d’un plan de relance rapide et ambitieux», plaident-ils.

«La fermeture complète des librairies a entraîné, pour celles-ci, une perte de la quasi-totalité de leur chiffre d’affaires et de plus de 80 % pour les maisons d’édition», rappellent-ils. «Distributeurs, diffuseurs et imprimeurs ont, de ce fait, été lourdement affectés. Les auteurs, privés de ventes de livres et de rencontres rémunérées, connaissent une perte de revenus sans précédent», ajoutent-ils.

«Il y a désormais une urgence absolue à intervenir avant l’été», insistent les signataires «qui souhaitent une aide de plusieurs centaines de millions d’euros pour la filière». Ils préconisent «une politique résolue de soutien à l’offre, subventions, prêts, exonération de charges sociales et de taxes, ainsi qu’une amplification ponctuelle de la demande, avec des commandes massives par les bibliothèques et des opérations d’envergure liées au Pass culture et au Chèque Lire.»

«Si un plan de relance ambitieux, en faveur du livre et de la lecture, n’est pas enclenché, de nombreux acteurs vont disparaître, d’autres vont devoir lutter pour seulement survivre», ont indiqué, par ailleurs, le Syndicat national de l’édition (SNE), le Syndicat de la librairie française (SLF) et le Conseil permanent des écrivains (CPE), dans un communiqué commun.

«Le livre fait figure de grand oublié», regrettent le SNE, le SLF et le CPE «qui estiment que le montant prévu, de cinq millions d’euros, apporté par le Centre national du livre, est tout à fait insuffisant pour sauver la filière». Le ministre de la Culture, Franck Riester, a annoncé, vendredi dernier, sur son compte twitter, qu’il travaillait, avec le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire «à un plan de soutien de la chaîne du livre, en concertation avec l’ensemble des professionnels de la filière». Il a promis des mesures «à la fin de la semaine prochaine».

(14h02) Déconfinement : l’Italie rouvre ses festivals d’opéra pour l’été

Il y aura bien des festivals de musique classique, en Europe, cet été. Au milieu de toutes les annulations, c’est vers l’Italie que se concentre l’espoir des mélomanes européens. Riccardo Muti, Olga Peretyako, Juan Diego Florez et Karine Deshayes sont annoncés. 

C’est Daniele Gatti, l’ancien chef de notre orchestre National, qui a donné le «la», le 1er juin, à Rome, dans les jardins du Quirinal, en présence du président de la République, Sergio Mattarella : un concert, avec l’orchestre de l’Opéra, à la mémoire des victimes du Covid-19, qui coïncidait avec la Fête de la République (le 2 juin, le lendemain, donc) : Bach, Mozart, Puccini, Vivaldi, Webern et Arvo Pärt, pour célébrer l’unité nationale si durement secouée. Un gouvernement italien qui, écoutant son conseil scientifique, a donné son accord au maintien de quelques grands festivals : 1.000 places maximum (artistes et techniciens compris) et respect des règles barrières pour des productions redimensionnées.

Et les affiches sont alléchantes : arènes de Vérone, festival Rossini de Pesaro, sa ville natale, de la côte Adriatique, festival Puccini de Torre del Lago, en Toscane, où résidait le compositeur. Et à Ravenne, dès le 21 juin, où «le maestro Riccardo Muti (le plus fameux musicien italien depuis la mort de Claudio Abbado) viendra, avec son Orchestre Cherubini, marquer la reprise de la revue» dit, avec humour, un officiel, dans un concert Mozart, qui ne serait que le premier d’un festival se déroulant jusqu’au 30 juillet.

Muti, qui conclura l’incontournable festival de Spolète, vieille cité proche de Rome, avec le ballet de Beethoven, Les créatures de Prométhée, mais ce sera plus tard, le 30 août. Spolète où les Italiens pourront entendre aussi l’excellente pianiste locale Beatrice Rana. Ainsi que Monica Bellucci, dans la Master Class, de Maria Callas, qu’avaient jouée, entre autres, Fanny Ardant et Marie Laforêt. «Festival des Deux Mondes», c’est le nom de ce festival célébrissime en Italie, habituellement tenu, début juillet, et reporté, pour quelques jours, fin août. Histoire de maintenir les symboles, en trouvant des solutions. Plutôt qu’annuler, faire, en reconfigurant…

Aux prestigieuses Arènes de Vérone, qui avaient annulé, elles aussi, leur programmation, la cantatrice Cecilia Gasdia, à la tête de ce lieu mythique, reparle de récitals, dans le courant de l’été, de grandes voix telles qu’Anna Netrebko ou Sonia Yoncheva. A confirmer. Mais Placido Domingo viendra, «pour fêter aussi sa résurrection», lui qui, à 79 ans, a été atteint durement par le Covid.

A Pesaro où, dit le maire de la ville : «on espère le retour des Français, notre principal public», on entendra La cambiale di matrimonio, car c’est un opéra sans chœurs, ce qui limite les risques. Et, à défaut d’opéra, on y fera chanter Rossini par des stars, Olga Peretyako (le 9 août), Juan Diego Florez (le 16), Karine Deshayes (le 19). A Rome ce sera, dès la mi-juillet, le Rigoletto de Verdi (toujours dirigé par Daniele Gatti), dans un lieu encore indéfini, peut-être le Cirque Maxime ou la Villa Borghese, dans une mise en scène «post Coronavirus» de Damiano Micheletto.

Quant au festival Puccini, il reprendra des mises en scène anciennes et révisées » de Tosca, Madame Butterfly (en août) ou Gianni Schicchi (dès le 27 juin), avec aussi des créations contemporaines inspirées justement par Tosca où Stefania Sandrelli sera la récitante. L’actrice mythique de Divorce à l’italienne ou Nous nous sommes tant aimés qui devait mettre en scène une nouvelle Tosca, patientera jusqu’à l’année prochaine, le programme initial du festival ayant été décalé d’un an.

Beaucoup d’annonces encourageantes dans le désert opératique européen (exception faite pour le festival de Salzbourg qui vient de sauver son centenaire avec, certes, une programmation réduite presque de moitié et limité au seul mois d’août) après les suppressions d’Orange, d’Aix-en-Provence, de Bayreuth ou de Glyndebourne.

Excès de confiance de nos amis italiens? Ou signe que, trois semaines après le déconfinement, le virus semble contenu? Quelques raisons de réconfort, en tout cas, pour les mélomanes à qui il ne restait guère que La Roque-d’Anthéron (du 1er au 21 août) pour éclairer l’été. Mais le maintien est aussi plus facile quand on a la possibilité de tenir les manifestations à l’extérieur, ce qui se conçoit avec moins de risques en Italie qu’en Ecosse…

(11h55) Déconfinement : que faut-il attendre de l’allocution d’Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron s’adressera aux Français, dimanche 14 juin, a appris, ce mercredi, France Info, de source gouvernementale, confirmant une information du Figaro. Le président de la République fera une allocution télévisée solennelle, un mois après le début du déconfinement.

«Dans le détail, il s’agira d’abord d’une mise en perspective de la crise sanitaire dans sa globalité, tirant le bilan du confinement et du déconfinement», a appris le service politique de France Télévisions auprès de l’Élysée. On ne sait pas encore s’il annoncera à cette occasion une accélération du déconfinement, dont la troisième phase est, pour l’instant, fixée au 22 juin.

Ce sera ensuite un exercice de pédagogie et de mise en perspective des décisions que le gouvernement a prises pour la relance économique et sociale. Il évoquera le soutien aux emplois, aux entreprises et aux travailleurs, mais aussi les décisions prises pour l’automobile, pour le tourisme et pour l’aéronautique.

Il reviendra aussi sur le dossier de la bataille pour l’emploi, lancée avec les partenaires sociaux, en particulier pour l’emploi des jeunes et l’apprentissage. Emmanuel Macron parlera aussi des mesures prises au niveau européen et de l’initiative lancée avec Angela Merkel.

Il s’agira de la quatrième allocution d’Emmanuel Macron sur la crise du coronavirus. Il s’était déjà exprimé, le 12 mars, pour annoncer la fermeture des écoles, puis le 16 mars, pour annoncer le confinement, ainsi que le 13 avril pour annoncer la date du début du déconfinement. Cela n’exclut pas une autre intervention et d’autres initiatives, après le 28 juin et les élections municipales.

(11h28) Déconfinement : le gouvernement veut maintenir la possibilité d’interdire les manifestations…

Le Conseil des ministres a présenté, ce mercredi, un projet de loi organisant la fin de l’état d’urgence sanitaire, le 10 juillet, suivie d’une période transitoire de quatre mois, durant laquelle des restrictions resteront possibles. C’est ce qu’a approuvé, dans son dernier avis, le Conseil scientifique qui travaille au côté de l’exécutif.

Au vu des scenarios envisagés par le Conseil scientifique, «le virus continue à circuler et il est donc nécessaire que nous soyons armés pour répondre à cette situation». «D’où la décision d’une période transitoire de quatre mois, durant laquelle une partie des outils utilisés par le gouvernement, pour gérer la crise du coronavirus, demeura disponible», a précisé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Après le 10 juillet, le Premier ministre conservera, donc, un certain nombre d’outils permettant de freiner l’épidémie. Certaines restrictions resteront en vigueur. Parmi celles-ci, «la possibilité de réglementer les déplacements et l’accès aux moyens de transport, les établissements recevant du public comme les discothèques et de décider des jauges concernant les rassemblements sur la voie publique», a précisé Sibeth Ndiaye. Les manifestations sont donc concernées, même si ces derniers jours, aucune sanction n’est appliquée en dépit de l’interdiction.

Dans l’avis rendu public par le Conseil scientifique, on apprend que «le Premier ministre pourra, en effet, limiter ou interdire les rassemblements sur la voie publique ainsi que les réunions de toute nature, durant une période de quatre mois, et sans que le recours à cette mesure ne soit conditionné à une résurgence de l’épidémie». Par ailleurs, pendant une période d’un an, ces mesures resteront disponibles, en cas de résurgence du coronavirus. Le Conseil scientifique a approuvé ce plan de sortie de l’urgence sanitaire.

«L’amélioration de la situation et la dynamique à la fois hypothétique, localisée et probablement maîtrisable d’une reprise de l’épidémie justifient aux yeux du Conseil scientifique une sortie de l’état d’urgence sanitaire», jugent les experts du Conseil scientifique, qui ajoutent toutefois une condition : «Cette sortie doit rester compatible avec la possibilité d’un retour à l’état d’urgence, en cas de nécessité». S’il fallait décider d’un nouveau confinement, tel que celui mis en place à partir du 17 mars, afin de freiner l’épidémie, le gouvernement devrait, en revanche, de nouveau décréter un état d’urgence sanitaire.

«L’exécutif tiendra, ce vendredi et la semaine prochaine, deux conseils de défense sur les conditions sanitaires, présidés par le chef de l’Etat, qui nous permettront de voir ce qu’il est possible de faire évoluer dans la perspective du 22 juin, prochaine étape du déconfinement», selon Sibeth Ndiaye.

(10h57) Coronavirus : l’OCDE prévoit la pire récession, en temps de paix, en 2020.

L’économie mondiale va subir, cette année, sa pire récession, en temps de paix, sur les cent dernières années. Ce sont les sombres perspectives économiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiées, ce mercredi. Actualisant ses prévisions pour prendre en compte les effets de la pandémie de coronavirus, l’OCDE prévoit une récession mondiale de 6% pour 2020, si la pandémie de Covid-19 «reste sous contrôle» et de 7,6% «en cas de deuxième vague». Pour 2021, l’OCDE anticipe un fort rebond, avec une croissance mondiale de 5,2%. Rebond qui serait toutefois limité à 2,8% en cas de deuxième vague.

«En France, la contraction du produit intérieur brut (PIB) va se situer entre 11,4 % et 14,1 %, en 2020», précise Le Monde. Il s’agit de la contraction la plus importante au monde, dans les mêmes proportions qu’en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni. «Les avantages comparatifs de l’économie française se situent dans des secteurs, parmi les plus touchés par la crise, comme le transport aérien, le tourisme ou même le luxe», explique Daniel Cohen, directeur du département d’économie de l’Ecole normale supérieure, dans les colonnes du quotidien. «Et l’Hexagone n’a pas eu d’autre solution que le confinement massif, contrairement à l’Allemagne qui s’était préparée plus tôt à la pandémie.»

La zone euro s’oriente vers une contraction de 9,1%, cette année, suivie d’une reprise de 6,5% l’année prochaine. Dans le scénario d’une deuxième vague, le recul serait, là aussi, plus marqué (-11,5%) et la reprise plus modeste, en 2021 (+3,5%). Du côté des Etats-Unis, première puissance économique mondiale, la contraction du PIB sera de 7,3%, cette année, avant un rebond de 4,1% l’année prochaine. Dans l’éventualité d’une seconde vague, la récession serait de 8,5%, cette année, et le PIB américain ne regagnerait que 1,9% en 2021.

«D’ici la fin 2021, les pertes de revenus excéderont celles enregistrées au cours de toutes les récessions précédentes des 100 dernières années, à l’exception des périodes de guerre, avec des conséquences extrêmes et durables pour les populations, les entreprises et les gouvernements», souligne Laurence Boone, l’économiste en chef de l’OCDE, dans une introduction à ces prévisions actualisées.

Elle exhorte les gouvernements «à ne pas craindre de recourir à l’endettement pour financer des mécanismes de soutien aux travailleurs les moins rémunérés et aux investissements», expliquant «que les réponses apportées à la crise vont modeler les perspectives économiques et sociales des dix années à venir.»

(10h46) Coronavirus : à Marseille, l’IHU du professeur Raoult lance une cellule de suivi des patients

Alors que l’épidémie de coronavirus, ​en France, tend à perdre de son ampleur, le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU de Mardeille, a décidé de lancer, avec l’appui du président LR de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Renaud Muselier, une cellule de suivi des patients contrôlés positifs au Covid-19 et traitées à l’hydroxychloroquine au sein de l’IHU.

Selon un communiqué de presse de la région, «cette cellule doit permettre de décrire l’évolution clinique des patients infectés par le Covid-19 , identifier les facteurs prédictifs de la survenue de séquelles post-infection et analyser les données cliniques et biologiques des patients traités à l’IHU». Outre les ressources mobilisées par l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille et l’IHU, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur finance ce projet à hauteur de 189.000 euros.

(09h37) Coronavirus : vers un retour massif des expatriés en France

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, tout comme son secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Lemoyne, l’ont martelé à plusieurs reprises : les expatriés français doivent, tant que possible, rester dans leur pays d’accueil. Mais est-ce pour autant un choix plausible pour les nombreux Français de l’étranger qui se retrouvent aujourd’hui dans une situation plus que délicate?

Comme les quelque trois millions d’expatriés, de nombreux Français avaient pour projet de tenter leur chance à l’étranger : en cherchant un travail, en rejoignant une formation, ou en tentant l’aventure tout simplement. Mais c’était bien avant cette crise sanitaire inédite, les frontières closes et les projets entrepreneuriaux compromis. 

Comment faire, lorsque l’on veut rentrer, en France, mais qu’il est impossible de le faire? Certains expatriés ont préféré anticiper un retour en France, plutôt que de se retrouver bloqués, dans un pays où les conditions sont plus compliquées, ou qu’ils avaient déjà prévu de quitter dans les prochains mois. 

L’Etat français s’inquiète aujourd’hui d’un possible retour en masse des Français de l’étranger. Certains chiffres évoquent même un retour de 600.000 expatriés, en France, dans les prochains mois. Interrogée, la députée Anne Genetet redoute un effondrement de notre réseau d’influence : «C’est une menace imminente. Notre réseau d’influence, c’est l’ensemble de nos quelque trois millions de Français, à l’étranger, actuellement, qu’ils dirigent une entreprise ou qu’ils aient monté un petit commerce, qu’ils dirigent un hôtel restaurant, ou que leurs enfants soient les amis de petits Ivoiriens, Péruviens ou Espagnols, dans nos écoles françaises. Tout cela compte.»

Interrogés sur Twitter, ils ont été plus de 18% à souhaiter rentrer en France, une fois la période de confinement terminée. Des chiffres similaires ont été récoltés par la députée de la 11ème circonscription des Français de l’étranger, Anne Genetet. Mais pourquoi ces Français du bout du monde souhaitent-ils revenir en France?

La première raison qui vient à l’esprit pour un retour en France, reste bien entendu les questions financières. De nombreux Français de l’étranger s’inquiètent, en effet, de ne pouvoir continuer à vivre dans des pays où la monnaie est dévaluée, leur business en risque de faillite, ou encore, là où le chômage fait des ravages.

Les différentes mesures de soutien, annoncées par le gouvernement, pourront-elles endiguer cette vague et aider les expatriés les plus démunis? Le plan d’urgence pour les Français de l’étranger devrait apporter quelques pistes de réflexion et de l’espoir pour les expatriés rencontrant actuellement de nombreuses difficultés financières. Le président Emmanuel Macron l’avait en tout cas promis dans une interview récente : «La France protège tous ses enfants». Le rayonnement de la France et la survie de ses institutions à l’étranger en dépendent.

Cette crise sanitaire mondiale a bouleversé le quotidien et les projets des Français, qu’ils vivent en France ou ailleurs. C’est d’autant plus vrai, quand on vit à l’étranger et loin de ses proches. Que ce soit pour des raisons personnelles ou financières, de nombreux expatriés envisagent aujourd’hui de rentrer en France. Témoignages…

Pour Jean-Olivier : «La pandémie actuelle a, en effet, bouleversé la vie et les projets de nombreuses personnes, avec des gens se retrouvant au chômage, obligées de rentrer en France ou dans leur pays, voire encore à reprogrammer ou à annuler un projet de départ en expatriation pour une mission à l’étranger. J’ai pu constater, au début de l’épidémie, de nombreuses personnes fuyant la Chine, profitant de vols mis en place par l’Etat pour les rapatrier et, maintenant, qui restent bloquées en France, dû au confinement, sans possibilité de retour immédiat.»

Pour Stéphanie : «Actuellement installée à Madrid, j’avais des entretiens pour travailler sur des événements sportifs en Espagne. J’avais donc, pour projet, de rester installée là-bas. Du fait du Coronavirus, j’envisage de rentrer en France, dès cet été, du fait de l’annulation de tous les événements et donc l’impossibilité, pour moi, de trouver un travail et de poursuivre mon projet de vie et professionnel.»

Pour Alexandra, qui devait bientôt rejoindre la Birmanie: «Cette crise sanitaire a impacté notre projet du fait qu’il concerne le tourisme! Il va de soi qu’il va falloir tout mettre en oeuvre pour que notre activité soit pérenne et que l’on puisse garantir à notre clientèle le respect des normes sanitaires et d’hygiène qui s’imposent. Nous y travaillerons avec notre franchiseur qui connait bien le secteur de l’Asie du Sud-Est et qui a déjà vécu l’épidémie du SRAS en 2002/2003. Notre projet a beaucoup de paramètres qui étaient calés sur la scolarité de nos enfants. Nous ne souhaitions pas qu’ils arrivent en plein milieu d’année scolaire à l’école française de Yangon. Le changement de vie peut être déroutant pour des pré-ados, nous souhaitons les préserver! Nous sommes donc obligés de décaler notre implantation de 6 ou 12 mois, en fonction des règles de réouverture des pays et des frontières, ainsi que des vols commerciaux!»

Pour Sébastien, qui a dû mettre, entre parenthèses, ses projets en Colombie, pourtant réfléchis de longue date : «Après mon année sabbatique, à parcourir le monde, je suis retourné à Madrid, avec le plan de mettre un peu de sous de côté pour repartir. Un peu plus d’un an plus tard, ma copine et moi avions réunis la somme nécessaire pour pouvoir partir, et nous avons trouvés (via un post Facebook!) un rôle de gérants pour un hostel magnifique, dans le sud de la Colombie. Nous sommes allés nous former sur place, début janvier, puis nous sommes retournés à Madrid faire le déménagement (en gros, vendre tous les meubles et repartir avec nos deux valises et notre chaton), mais, patatra, le Covid-19 a fait son irruption. A cause de la fermeture des frontières de la Colombie, je n’ai pas pu embarquer dans mon vol le 17 mars. Nous voilà donc coincés, sans meubles dans notre appartement à Madrid… Nous avons prévu de repartir dès que les frontières de la Colombie se rouvrent mais, en attendant, nous voilà bloqués, en Europe, pour quelques mois. Désormais sans boulot et sans revenus, retour prévu chez les parents le temps que la situation se calme un peu. »

Pour Karine, qui a eu davantage de chance en trouvant un travail en Espagne même si elle s’inquiète pour l’avenir : «Je travaille et je vis à Paris, mon ami est à Madrid. J’apprends à 20h30, samedi 14 mars, que le commerce dans lequel je travaille, ferme pour une durée indéterminée. Mon ami étant en télétravail, je trouve un avion en urgence pour le dimanche 15 mars. On ne s’imaginait pas seul, chacun de notre côté, et surtout moi, enfermée dans un 15m². Bonne décision, étant donné que la France annonce le durcissement du confinement, le lundi 16 mars, et que beaucoup de vols étaient supprimés.  J’ai ensuite un entretien d’embauche en visio, prévu avant le confinement. Je passe 2,3 entretiens et je suis prise. Joie totale, je vais pouvoir vivre ici. Et là, commence le casse-tête des démarches administratives : NIE, Sécurité Sociale,etc. plus ou moins bloquées. J’ai démissionné, mon inquiétude sur la possibilité de commencer ce nouveau job grandit. Fort heureusement, mon employeur est une société internationale et me propose donc un contrat français.»

Pour Elisabeth : «Nous parlons beaucoup du rapatriement des touristes français bloqués à l étranger en ce moment mais qu’est il prévu pour le rapatriement des expatries bloqués eux-aussi et qui ont besoin de rentrer en France ( fin de contrat de travail, besoins  familiaux , reprise de leur travail en France en septembre prochain, etc..) ? Les consulats nous disent qu’ils ne sont pas là pour organiser les retours. Air France va-t-elle organiser des vols en mai ou juin pour le retour ? »

Pour Jael, Brésilienne, dont le mari, Français, a préféré rentrer en France plutôt que prévu : «Mon mari est retourné en France et moi, je suis restée au Brésil. Je pense rentrer le mois prochain, mais on ne sait pas comment ça va se passer. Est-ce qu’il y aura toujours des vols? Dû à autant d’incertitudes, il a préféré rentrer tout de suite, pour ne pas être bloqué ici.»

Pour cette famille expatriée au Royaume-Uni depuis 6 ans : «Après le vote du Brexit, notre joie de travailler à l’étranger avait déjà été quelque peu ébranlée par le sentiment de se sentir «étranger» et non bienvenus au Royaume-Uni. Après les élections ayant confirmé ce choix, nous avons pris la décision de rentrer en France, en juillet prochain. Avec la gestion désastreuse du gouvernement aux premiers temps du Covid-19 et la théorie d’immunisation collective de Boris Johnson, nous avons pris peur! Nous étions décidés à fuir le pays, au plus vite, dès mars, mais nous avons été pris de court par la fermeture annoncée des frontières puis, aujourd’hui, par l’absence de moyens de transport pour la France. Nous nous sentons prisonniers dans ce pays qui n’est plus en adéquation avec nos valeurs et la peur d’une mise en danger de nos vies par un déconfinement trop rapide pour un but économique. Nous ferons tout pour rentrer en France à la moindre occasion. Nous repartons un peu aigris et avec beaucoup de rancoeur. C’est dommage.»

(08h54) Ile-de-France : réouverture totale des restaurants avant le 22 juin ?

Bonne nouvelle à venir pour les restaurants d’Ile-de-France, qui ne peuvent encore exploiter que leurs terrasses. Selon le secrétaire d’État en charge du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, ces établissements pourraient rouvrir «un peu plus tôt que le 22 juin» si la situation sanitaire évolue favorablement.

«S’agissant des restaurants, il me semble que l’évolution des conditions sanitaires en Ile-de-France, le recul progressif du virus, devrait permettre, je l’espère, d’avancer de quelques jours la réouverture des restaurants dans leur ensemble», a-t-il déclaré, lors d’un entretien à France24 et RFI.

«Cette éventuelle réouverture doit être décidée, en accord avec le ministère de la Santé», a rappelé le secrétaire d’État, soulignant «que le gouvernement était attentif à la situation des restaurateurs en Ile-de-France». «Peut-être, dans quelques jours, pourrons-nous estimer que les conditions sont réunies pour accélérer, de ce point de vue-là», a-t-il insisté.

«Je continue à travailler avec les restaurateurs et un certain nombre de professionnels du tourisme qui sont encore entravés, voire fermés, comme dans l’événementiel ou le secteur de la nuit, sur des modalités de réouverture», a-t-il précisé.

La veille, l’Umih, principal syndicat du secteur de l’hôtellerie-restauration, avait demandé que «cafés, bars et restaurants d’Ile-de-France et des deux autres zones «orange», la Guyane et Mayotte, puissent «rouvrir rapidement», jugeant que leur exploitation, limitée aux seules terrasses, n’était pas rentable».

L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie souhaite que le gouvernement évalue la propagation de l’épidémie, avant le 22 juin, date fixée pour un réexamen de la situation sanitaire, estimant que le conseil scientifique «préconise un retour à l’équilibre entre les précautions sanitaires et la reprise de la vie économique».

Le syndicat patronal souhaite aussi «un assouplissement général du protocole sanitaire sur l’ensemble du territoire, où cafés, bars et restaurants ont rouvert, en particulier les règles de distanciation des tables, pour permettre aux établissements d’utiliser toute leur capacité à recevoir du public». Le secteur, qui compte 168.000 restaurants, 38.800 bars ou cafés et 6.000 établissements de nuit en France, a été sévèrement mis à mal par deux mois et demi de fermeture dus à la crise sanitaire.

(08h11) Déconfinement : une reprise timide dans les campings mais beaucoup d’espoir…

Avec un référent Covid-19, dans chaque camping, les lieux de vie désinfectés plusieurs fois par jour, un espace de 4m² par usager dans les sanitaires, pas de sports collectifs, des distributeurs de gel hydroalcoolique à disposition dans les 8.000 campings que compte la France, on applique, depuis le 2 juin, un strict protocole sanitaire, qui va encore évolué, pour accueillir les vacanciers en toute sécurité. Mais la mauvaise météo de ce début de mois, l’absence d’étrangers et les inquiétudes de certains n’ont pas fait décoller les réservations pour le mois de juin. Cette reprise timide, tout en douceur, va surtout permettre de préparer l’été. 

A quoi ressembleront les vacances dans les campings cet été? «Le protocole a été accepté mais il n’y a pas encore de signature définitive» explique Christian Pommier, président de la Fédération Régionale de l’Hôtellerie de Plein Air d’Auvergne. «L’un des points à éclaircir concerne les animations en soirée. Car là, il y a une concentration de gens plus importante». 

Les professionnels attendent le 22 juin, nouvelle étape du déconfinement pour savoir si certaines règles vont être assouplies et pour avoir des précisions sur les animations et la reprise éventuelle des sports collectifs. «On peut sauver les meubles, même si c’est une saison qui va être un peu dégradée par rapport aux performances habituelles», a estimé, sur France Info, Nicolas Dayot, le président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air. Rappelant que les campings réalisent 80% de leur chiffre d’affaires annuel en juillet et août.

Si les débuts sont plutôt calmes, dans toutes les régions, les réservations sont, en revanche, en très forte hausse sur les mois de juillet et août. Tout le monde espère pouvoir sauver sa saison, même si les frais de fonctionnement seront plus élevés, pour les gérants, qui devront souvent embaucher du personnel pour assurer le nettoyage selon les normes sanitaires en vigueur. 

Envie de liberté, d’autonomie? C’est le rêve de nombreux Français après deux mois de confinement. Les constructeurs de campings-cars remarquent une hausse des commandes et un fort intérêt, notamment de la part d’un public nouveau. Les propriétaires de campings-car apprécient particulièrement leur autonomie et le fait de ne pas à avoir à partager certains espaces, comme les toilettes, avec les autres vacanciers, Une sorte de bulle sanitaire très recherchée en cette période.

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