Les grandes manœuvres dans la presse ont débuté pour le rachat du Figaro…

On ne l’arrête plus. La rumeur enfle dans Paris même si Laurent Dassault, l’un des fils de Serge, a été obligé d’écarter d’une main ferme l’hypothèse d’une cession imminente du Figaro : « Nous avons un devoir de mémoire vis à vis de notre père, même pour un milliard d’euros… » (sic). Il est de notoriété publique que chez les héritiers Dassault, c’était Olivier, décédé accidentellement il y a peu, qui restait le plus attaché à la presse écrite comme son grand père Marcel, fondateur de Jours de France (à ne pas confondre avec Journal de France que nous publions).

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Olivier Dassault avait même repris en son temps l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, fondé dans les années 60 par le très libéral Raymond Bourgine. Valeurs Actuelles, un news  conservateur qui a le vent en poupe, et qui a beaucoup fait pour la candidature d’Eric Zemmour, dont on parle en ce moment aussi d’une possible cession du magazine de droite suite aux soucis de santé de son propriétaire, le magnat franco- libanais, propriétaires des chantiers CMN à Cherbourg, Iskandar Safa. À confirmer par Charles Villeneuve.

On sait que Vincent Bolloré qui tisse patiemment sa toile pour constituer son vaste empire dans les médias en France, (reprise de Prisma média, de Lagardère, Canal) et en Italie ou en Espagne (El Pais..) en rêve depuis longtemps. Mettre la main sur le principal quotidien national du matin constituerait une prise de guerre de choix dans sa montée en puissance, et les synergies sont nombreuses tant sur le plan de la régie que des sites de Vivendi.

De son coté, le propriétaire de LVMH, Bernard Arnault se montre d’avantage prudent dans sa montée en puissance dans le secteur des médias. Il a certes repris Les Échos et Le Parisien presque « pour rendre service ». Mais on connaît les talents d’industriels du numéro un mondial du luxe. Et on imagine volontiers les synergies industrielles nombreuses avec le regroupement de ces trois quotidiens nationaux au sein d’une même entité.

La presse quotidienne régionale n’échappe à ce vaste mouvement en cours. On sait qu’à Marseille, la bataille fait rage actuellement pour la reprise du quotidien La Provence détenu jusque-là à 89 % par Bernard Tapie. Le premier quotidien de Marseille qui a perdu 7 millions d’euros en 2020 reste une proie de premier choix convoitée aussi bien par Xavier Niel, candidat favori (déjà 11% du capital) que par le patron de CMA-CGM, Rodolphe Saadé qui y voit un outil propre à soutenir son influence politique.

Le groupe toulousain La Dépêche du Midi (famille Baylet) et le leader de l’expertise comptable et des services aux entreprises, Fiducial, 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires, construit avec talent et discrétion par le lyonnais Christian Latouche, propriétaire de Sud Radio, sont également intéressés. L’administrateur judiciaire en charge du dossier, Frédéric Avazeri, n’acceptera pas d’offre inférieure à 40 millions d’euros.

Finalement, Il est assez réjouissant de voir que la presse écrite continue d’attirer autant les convoitises de la part de nos grands capitaines d’industrie. Il n’y a jamais eu autant d’informations diffusées sur le net, mais le papier confère de la légitimité et un prestige assez unique. Ce n’est pas nous qui nous en plaindrons. Pour notre indépendance, nous avons opté pour la bourse (Entreprendre est coté sur Euronext Growth Paris). Ne vaut-il pas mieux s’appuyer sur des milliers d’actionnaires que sur un seul ?

Robert Lafont

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