Tribune. Ce symbole indiscutable de la paix, de la douceur et de l’espérance est aujourd’hui battu en brèche par ce que l’imbécillité  et l’ignorance comptent de plus virulent.

Je dis « virulent » à dessein car il y a un virus de la bêtise, qui se propage par le contact et s’enseigne par la harangue. On harangue les foules, les groupes, bref tout ce qui s’agglutine. Ce mot très imagé vient peut-être des vendeuses de poisson, de hareng précisément, qui hurlaient sur les marchés pour racoler les acheteurs. « Les  harengères et les mégères » chantait Georges Brassens.

Ça donne la couleur des paroles proclamatoires desdites harangues: « sus à la crèche » au nom du respect de la diversité. Des diversités pourrait-on même jargonner avec la candeur de cancre des  je-sais-tout d’aujourd’hui, dont la nullité encyclopédique surhypnotique a convaincu, jusqu’au gouvernement, qu’il était plus respectueux des origines de remplacer l’outre-mer par  le barbarisme idiot « des outre-mers », comme si la préposition outre était variable. Outre, c’est  au delà, donc au delà des mers. Outre la mer, outre les mers, oui, il suffit de rajouter un s à mer, mais inventer un pluriel à outre, c’est idiot. A moins  qu’il ne s’agisse d’un aveu Lacanien révélant que l’éditeur de la sottise est une outre gorgée de vent, ce dont on pouvait se douter. Bref, les outres sont multiples. L’outre anti-crèche est la dernière venue, après les anti-messes, les anti-bon dieu, et autres anti-choses. Et ça milite, jette de la soupe sur les chefs-d’oeuvre dans les musées et souille définitivement tout édifice, figuré ou réel, monument comme idée ou tradition, du venin de la méchanceté envieuse. C’est Noël ce brouet ? N’est-t-il plus permis d’espérer comme de rêver d’amour et de concorde ? Quel laid  partage serait ce troc !

Apres le saccage  de Paris par les illuminés du laid, de la vulgarité et de la satisfaction de soi-même, après que qui dirige le pays a confessé au monde qu’il n’existait pas de culture française, quand c’est évidemment le contraire comme le disent les enfants, car « ç’est  çui qui dit qui l’est », après qu’en somme, la France, jadis « mère des arts, des armes et des lois » eut accepté le rôle de wagonnet d’un train qui lui échappe,  mais la mène à la guerre, que reste il à espérer ?

Et la justice s’abîme à interdire la représentation de la crèche céleste au nom du droit des veaux à meugler dans la nuit !

Justement, il reste tout à espérer car la hideur du présent comme de celui qui l’incarne laissent augurer d’un futur transmuté. C’est tout l’espoir que représentent les crèches.

C’est parce qu’on les attaque qu’elles sont pertinentes.

En tous temps, certains qui étaient des pieds se prenaient pour des mains. Révérence gardée pour qui enseignait jadis la beauté podoplastique de l’éphèbe retireur d’écharde, il apparait de nos jours que le plus extreme brouillage  mental a gagné la population. L’ignorance aidant, la confusion des préfixes fait prendre le podo pour un pédé, soit l’enfant pour son pied. D’où le triomphe facile des extrémités, parmi lesquelles la tête apparait bien marginale. 

Bête comme ses pieds n’est donc plus ressenti comme une injure mais comme le compliment des compliments, ainsi du maire en son palais dont on a déploré maintes fois en ces colonnes la vertigineuse destruction de sa ville de Paris, emblème cataclysmique de sa  nocivité. Pas de crèche à Paris mais des caterpillars pour la mère carmagnole !

A quand l’interdiction de la fête de Noël ?

Fête de l’ultra-droite, grimace-t-on déjà spasmodiquement dans les salons de la ville. 

Que c’est laid d’être bête et méchant sans le talent d’Hara-Kiri !

Joyeuse fin d’année !

Jean-François Marchi

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