Par Henri Fouquereau

Tribune. Pour le déterminer, de nombreux paramètres doivent être examinés : au niveau mondial, à celui des régions :Europe et autres, au niveau de la France, à celui de l’économie, de la finance, le volet social et l’insécurité qui frappe  le monde – mais le principal devra tenir compte de l’évolution du COVID

Le monde mute et nous traversons l’une des étapes de cette mutation :

Avant les Traités de Westphalie, des empires se constituaient, se défaisaient, transformant l’Europe en champs de bataille perpétuels, puis furent signés ces Traités avec lesquels il fut décidé que chaque Etat nation était souverain chez lui. Le Pape  pouvait résider à Rome  et   les Empires furent interdits.

1648, 1944 trois siècles passèrent puis furent imposés par l’Amérique conquérante,  les accords de Bretton Woods qui effacèrent  ce qui avait été décidé par les traités de W.. et  installèrent l’empire  des USA, en faisant de sa  monnaie nationale, le dollar,  l’étalon monétaire international.

Les choses se modifient  en 1971 avec la non convertibilité du dollar en or, puis en 73 et 76 avec  la transformation du système des taux de change de fixes à flottants, et la libéralisation des capitaux. Les Etats se tirent une balle dans le pied et c’est la Porte ouverte au néo libéralisme. L’Etat nation, ami des peuples et imposé par les Traités de Westphalie devient l’ennemi à abattre. L’interventionnisme étatique est devenu l’empêcheur de tourner en rond, il est décidé que les protections, surtout sociales,  coûtent trop chères, Keynes est désigné comme fou. Alors vive la liberté, le laisser faire, le laisser passer, l’interdiction d’interdire, vive la la concurrence libre et non faussée.

C’est la panacée, sauf que, les inégalités se sont accentuées, les entreprises   délocalisées, le chômage  touche le monde industriel  de plein fouet  ce qui, vu l’importance de nos protections sociales,   grève nos finances. Les thuriféraires  du tout marché n’ont pas  pensé que baisser les recettes et augmenter les dépenses ne pouvait durer. Depuis,  la nation France est en déficit chronique,  nos capacités industrielles ne nous permettent plus de faire face à la moindre demande intensive venant de l’intérieur. Nos carences industrielles font de nous les dépendants des autres, dans trop de domaines, les fonds étrangers dictent leur loi.

Les recettes : si pendant l’année 2020,  la crise sanitaire n’a que peu entamé notre PIB non marchand, ce dernier a perdu environ la moitié de son CA, et beaucoup plus pour des secteurs entiers, aviation, tourisme etc. L’Etat ne touche moins de TVA, de BIC  de cotisations etc

Année 2021, l’Etat nation est toujours frappé par la crise sanitaire, mais non seulement, par la fin aussi de l’ère ultra libérale, avec un vide que nul ne sait comblé.

Alors qu’en sera t-il de 2022 ?

Beaucoup dépendra de la situation sanitaire, mais aussi  du résultat des élections Présidentielles et de la façon dont ces élections seront préparées et vont se dérouler.  Si nous retombons dans le schéma de la dernière, cela  n’apportera rien de bon. La France a besoin d’autre chose pour éloigner le spectre de la grande dépression qui a frappé le monde en 1929 et qui nous menace aujourd’hui

Rappelons les résultats : cataclysme financier, misère, suicides, troubles sociaux avant d’arriver à l’avènement du nazisme et les millions de morts qui suivirent- 2020,2021, deux années de chute brutale des PIB et chiffre d’affaires attention danger

La finance est remise en question, des banques, des fonds de pension, d’investissement tombent en faillite entraînant avec elles nombre d’unités de production : affaire Grensiil : 143 milliards de débours et la disparition d’aciéries, la mise à mal de communes allemandes qui y ont placé leur argent, de banques : suisse, japonaise etc début d’une catastrophe ?

La masse monétaire mondiale n’est plus calculable et les plus grosses banques mondiales sont  désormais chinoises, de celles auxquelles personne ne fait confiance –

Les multinationales mutent elles aussi et semblent se recentrer sur leur corps de métier, les directions se divisent avec Président et Directeur Général, tout change et les candidats aux présidentielles devront savoir naviguer entre tout cela et prendre la bonne décision. D’où la nécessité d’un Plan tel qu’il avait été décidé par le Gal de Gaulle, mais aussi d’un programme réaliste

Les idéologies issues de temps dépassés seront mises au placard, mais attention les jeunes pousses ne sont peut-être pas encore assez formées, d’où un autre danger. L’endettement monstrueux, des Etats, collectivités, entreprises, mais aussi des ménages fait que seule la compétence devra être le facteur incontournable de la campagne. Il est possible que le Ier tour prenne beaucoup plus d’importance que le 2è La gauche et la droite de Papa se sont suicidées, leurs restes sont entassées sur des  centres mous qui, en cas de crise, n’osent et ne savent prendre aucune décision. 

Le Général de Gaulle ni de gauche ni de droite, uniquement  pour la France, a été accepté puis élu par des gens de gauche, de droite et d’ailleurs, la France avait alors besoin d’une autorité installée au dessus des idéologies et uniquement tournée vers la défense des intérêts nationaux. Le politique était à la manœuvre et la France est devenue l’une des 5 plus grandes puissances mondiales. Nous avons l’image, reste à remettre en ligne la chanson –

Si la naïveté et les rêveries  disparaissent du tour de la  table, la politique quitera d’abord la corbeille  des autres et la souveraineté  défendue sera   celle de la France  et non  dont ne sait quelle utopia, là où l’on parle le volapük intégré

Le néo libéralisme  qui offrait le trône du monde à la concurrence libre et parfaite. A été  remise en cause par   les financiers  qui avaient compris que pour leur survie ils devaient  en contourner les règles, ne surtout pas se faire la guerre et se rassembler. La globalisation a alors installé au pouvoir les multinationales, avec comme caution  la main invisible qui devait tout réguler, mais qui n’a créé que l’inégalité

Tout cela est devenu hors jeu et si nous prenons conscience pour 2022 du bilan, l’Etat , de celui des collectivités territoriales, des caisses sociales, tous en difficulté, du sort des  sociétés industrielles qui seront en difficulté de trésorerie (comment financer la reconstitution des stocks pour répondre à la demande, alors que des entreprises étrangères seront prêtes à tout livrer) , nous devrons porter à la tête de l’Etat  une personnalité qui pourra ramener la confiance, modifier la destination de l’épargne dont la France et son appareil productif aura tellement besoin.

Prenons garde,  Il est d’une nécessité absolue  de reconstituer au plus vite, notre tissu industriel, mais pas seulement, notre tissu agricole, nos services. Il est vital de développer notre empire ultra marin notre dernier atout majeur; Il faut reconstruire totalement notre parc nucléaire, DETRUIRE une partie non négligeable du parc des éoliennes, renforcer nos équipements militaires, récupérer ce qui a été bradé, (l’imagerie médicale par ex) IMPOSER nos politiques à ceux qui ne cessent de nous tailler des croupières et qui signent par ex, avec la Chine et en notre nom des traités qui ne servent que leurs intérêts. Nous devrons investir dans le spatial, le numérique, retrouver notre place dans le domaine de la santé.

Si tout se passe au  mieux , nous pourrions retrouver le montant du PIB de 2019 en 2022,  cela demande aux Français de cesser les divisions et de se rassembler pour établir un programme susceptible de replacer la France sur les plus hautes marches du Podium

Henri Fouquereau

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