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Robert Papin : « Moins de 5% des connaissances théoriques sont utiles aux patrons »

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Robert Papin, fondateur et directeur d'HEC Entrepreneurs, est un des auteurs incontournables en ce qui concerne la création d’entreprises et le management. Dans cet entretien, il balayse quelques idées reçus sur l'entrepreneuriat.

La création d’entreprise est-elle un moyen de « réussir » ?

Robert Papin : Tout dépend des objectifs que consciemment ou inconsciemment le créateur poursuit. Si son objectif est de maîtriser lui-même son avenir en étant son propre patron alors la création lui permettra de réussir. Si son désir est de gagner plus d’argent que s’il est salarié d’une entreprise, alors la création peut lui permettre de réussir… à condition de bien s’y prendre.

 

S’il ne veut pas prendre le risque de tout perdre en cas d’échec, s’il ne veut pas travailler 10 heures par jour 7 jours sur 7, s’il désire préserver à tout prix sa vie familiale, il devrait réfléchir avant de s’engager dans l’aventure.

 

Quand on part de zéro, comment trouver les compétences, l’argent, les relations ?

RP : Il faut d’abord trouver une idée susceptible de satisfaire des besoins actuellement insatisfaits ou mal satisfaits d’un nombre de clients suffisamment important et qu’il soit possible de commercialiser cette idée à un prix qui permettra à la future entreprise d’être rentable.

 

Il faut ensuite que le créateur soit capable d’identifier les facteurs clés de succès dans son futur domaine d’activité. S’il possède des atouts sur chacun de ces facteurs clés de succès, si ces atouts sont supérieurs à ceux de concurrents, alors notre créateur trouvera les relations, l’argent et les compétences dont il aura besoin.

 

L’expérience de la création d’entreprise est-elle la clé pour former de vrais leaders-entrepreneurs ?

RP : Voici quelques années, une enquête a été réalisée auprès de 1.000 patrons ayant suivi les enseignements de la business school d’Harvard. Il leur a été demandé quel était le pourcentage de connaissance enseignées qui leur avait été utiles dans leur métier. Savez-vous quel a été le résultat ? 5% !

 

Les connaissances utiles aux futurs dirigeants, ce sont celles qui concernent les temps forts de la vie d’un patron : la création, la résolution des difficultés susceptibles de remettre en cause la survie de leur entreprise. Le meilleur procédé pour former de futurs leaders, c’est de leur proposer des missions de terrain qui leur permettront d’appliquer immédiatement les connaissances théoriques qui leur sont apportées, et de réaliser ces missions par petites équipes avec des personnes qu’ils n’auront pas choisies afin de faire l’apprentissage de la délégation. C’est celui que j’ai mis en œuvre dès 1978, copié par Poutine pour créer l’une des plus belles business schools de Russie, et aujourd’hui Harvard s’en inspire avec son projet Field… en s’attribuant la paternité de cette pédagogie !

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