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Alexandre Malsch (Melty): "il faut avoir un projet et y croire !"

Isabelle Jouanneau.

Meltygroup est le premier groupe média en ligne dédié aux jeunes et à la "youth culture". Avec plus de 10 millions de visiteurs uniques par mois, melty.fr est notamment le premier site d’actualité généraliste 100% dédié aux jeunes de 18 à 30 ans. Pour comprendre cette réussite phénoménale, rencontre avec son fondateur Alexandre Malsch que toute la presse présente comme le jeune prodige de l’ère digitale.

Pensez-vous que la génération Y dont vous faites partie - et bientôt Z -  manage différemment ?  

Alexandre Malsch : On a toujours fonctionné plus ou moins à l’instinct et nous n’avons donc pas constaté de changements. Voici mon point de vue : toujours travailler comme si j’étais à la fois un coach et le sélectionneur de l’équipe officielle de France de Melty. Le but du jeu est de recruter des personnes avec qui l’on passe un contrat juridique mais aussi moral : vous restez un certain temps dans notre entreprise (3 ans, en moyenne) pour vivre une aventure et, pendant ces 3 ans, nous vous apportons de l’expertise, des outils, une nouvelle méthodologie, des responsabilités, un carnet d’adresses.

 

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En échange, vous nous apportez vos compétences, vos motivations, vos envies, vos idées. L’idée directrice est la suivante : pendant cette période, on essaye de travailler ensemble du mieux possible, en sachant d'ores et déjà qu’interviendra un moment où l’un d’entre nous n’apportera plus rien à l’autre. Il faudra alors que chacun continue son aventure de son côté, avec d’autres personnes, d’autres envies, et vers d’autres horizons. 


Le second élément dominant chez Melty est que chaque personne doit être dans cette logique de coach et comprendre, que sur le terrain, elle doit s’entourer de joueurs bien meilleurs qu’elle-même.

Si je suis plus performant que le gardien de l’équipe de foot que je suis en train d’encadrer, c’est qu’il y a un problème. Il faut que j’arrête d’être entraîneur et que je sois gardien à sa place. De même, si j’ai la prétention d’être un meilleur directeur commercial que notre directrice commerciale actuelle, il y a un souci.

Deux solutions s’offrent alors à nous : soit cette directrice commerciale devient directrice générale, soit il faut que je devienne moi-même directeur commercial. L’objectif est de s’entourer de personnes meilleures que soi, d’arriver à leur faire confiance, à déléguer et faire en sorte que tout le monde soit synchronisé sur le terrain et aille dans le bon sens. En un mot, que chacun passe la balle à la bonne personne, au bon moment, et avec la bonne stratégie pour que l’ensemble fonctionne. 

 


La presse vous présente comme « le jeune prodige de l'ère digitale », quelle est votre réaction ? 


Alexandre Malsch : Ce sont surtout mes équipes qui sont prodigieuses. Le plus important, ce n’est pas l’idée mais la capacité à dérouler cette idée de façon adéquate. Si vous prenez l’exemple de Melty, l’idée en soi n’est pas intéressante : créer un média pour les jeunes, le concept existe depuis des années. Ce qui explique la réussite de Melty, c’est la capacité de ses équipes à réaliser ce projet, à participer à cette aventure et à m’aider. Effectivement, parfois, je tourne un peu la barre du bateau à gauche ou à droite. Mais à la fin, les marins qui voguent sur le bateau et le font avancer, ce sont toutes les équipes de Melty qui œuvrent aujourd’hui jour et nuit pour réaliser ce projet à mes côtés. J’en suis très fier. 

 


Comment vous définissez-vous avant tout : comme un chef d'entreprise, un manager, un inventeur, un ingénieur ? 


Alexandre Malsch : Je dirais un mélange entre coach et ingénieur. Je suis avant tout un développeur et lorsque j’ai eu la chance  de construire Melty, je l’ai imaginé plus comme un programme. J’ai la chance d’avoir très vite compris que si je souhaitais réussir ce projet, je devais m’entourer de personnes bien meilleures que moi et les aider à aller dans la bonne direction, tout en catalysant les compétences personnelles de chacun et en proposant de nouvelles.  

 


Quels sont vos mentors et les patrons qui vous font toujours rêver aujourd'hui ?  


Alexandre Malsch : Il y a en France des entrepreneurs qui réalisent des choses extraordinaires. A titre d’exemple, Pierre Chappaz a fait des choses géniales avec sa société Teads. Il travaille également à nos côtés sur le projet Melty. Aujourd’hui, j’apprécie beaucoup Roxanne Varza qui s’occupe de la Halle Freyssinet, le plus grand incubateur au monde et qui accueillera 1 000 start-up innovantes, tous secteurs confondus. Grâce à son réseau et ses connaissances, cette auto-entrepreneuse brillante est capable de créer une passerelle entre l’écosystème des start-up américaines et l’écosystème des start-ups françaises qui constitue aujourd’hui une cheville ouvrière de toute cette nouvelle génération de start-up digitales. C’est quelqu’un d’extraordinaire. 

 


Comment définiriez-vous la génération Melty aujourd'hui (18-30 ans) ? Est-elle une génération de créateurs d'entreprises en puissance ? 


Alexandre Malsch : Plus que des créateurs d'entreprise, il s’agit d’une génération de porteurs de projets. La  génération Melty n’hésite pas et se montre capable de créer sa propre place dans la société en construisant ses propres sociétés, ses propres projets, ses propres talents et ses propres méthodes. Le Melty Talents House est notre label qui nous permet d’accompagner des talents qui sont signés chez Melty. Ces talents ont effectivement un côté très entrepreneurial.  


 
Selon vous, quels sont les trois piliers de la réussite de Melty ?  


Alexandre Malsch : Pour ma part, je ne considère pas encore que nous ayons réussi. Il s’agit d’une trilogie : la première partie est faite, la seconde intervient actuellement et la troisième partie est à réaliser. L’objectif est de devenir le plus grand groupe média pour les jeunes en Europe. Pour le moment, nous sommes leader français, et nous souhaitons devenir leader européen.  
 


Quelles études doit-on conseiller en priorité aux jeunes qui veulent faire carrière dans les entreprises digitales de demain ?  


Alexandre Malsch : Il existe de très bonnes écoles permettant de faire de belles choses. J’ai eu la chance de passer par l’Epitech, on peut également citer Sup Internet. Ces écoles ont quelque chose de génial : elles apprennent dès le début à travailler sous forme de projet et en équipe, cela aide très significativement pour une future vie entrepreneuriale.  
Il faut avoir un projet et y croire. Ensuite, il faut témoigner de ténacité et de résilience car l’entreprenariat  n’est pas une aventure linéaire. Croire que Melty marche tout le temps ne correspond pas à la réalité, c’est très compliqué et il y a énormément de difficultés. Mon travail consiste à  gérer les problèmes des 103 collaborateurs, même si d’autres personnes sont présentes pour gérer ces problèmes. Ma mission étant de coacher les personnes dont le travail est de régler ces problèmes : ces problèmes me concernent donc et m’impliquent. Il y a des moments extrêmement excitants mais aussi des moments de doute et de questionnement quant à l’avenir et à la capacité de réussir. On a parfois le sentiment un peu puéril que ce n’est pas juste lorsque l’on fait de bonnes choses et que cela ne fonctionne pas. Il faut être capable d’encaisser les coups et de repartir. L’exercice est assez comparable au surf que je pratique régulièrement. On prend des masses d’eau, et à un moment, on a la satisfaction de réussir à passer de l’autre côté. Il faut être capable de ne pas se décourager, d’encaisser, de remonter à la surface, de voir arriver un autre obstacle sans se démotiver en faisant preuve de persévérance.  
 

Plus d’infos sur www.melty.com

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